conjoint

conjoint

  •                FO DIRECTION n’a cessé ces dernières années de réclamer des politiques d’accompagnement et de gestion de la mobilité ambitieuse. Il n’existe aujourd’hui, rien d’autre que cette faculté de permettre à nos conjoints dans l'AP de nous suivre d’établissement en établissement, de poste en poste, souvent au détriment de leur propre carrière. Et c'est ce bastion qui semble attaqué.

                   La mobilité fait partie intégrante du statut des DSP. Les mutations géographiques ont un impact assumé par le DSP, mais également pour sa famille, son conjoint et sesfamille enfants : nouveau déménagement, nouvelle maison non choisie, nouvelle école, nouveau travail, nouvel éloignement du cercle amical, du cercle familial, nouvelles fonctions.

                   Le conjoint, le concubin ou le PACSé du DSP peut être, selon un degré de chance allant croissant :

    - Salarié du privé : dans ce cas de figure, le conjoint perd son emploi, devient demandeur d'emploi provisoire, et potentiellement demandeur d'emploi à Pôle emploi. Les revenus de la famille diminuent drastiquement.

    - Profession libérale : le conjoint n'a pas de mobilité. Il ne suivra pas le DSP dans son déroulement de carrière car il doit rester attaché à son Cabinet ou son Office. Au mieux le DSP rayonne dans un secteur géographique contraint, au pire c'est la relation à distance, la demande de détachement du DSP ou le divorce. Souvent, le DSP quitte l'AP en renonçant à son métier de cœur et par dépit.  

    - DSP : aucun dispositif particulier ne permet aux couples de DSP d’être favorisés sur la coproximité des postes. La carrière est bridée, l'un au détriment de l'autre, la mobilité est difficile, la notion de choix épanouissant oubliée.

    - Agent de l’Administration Pénitentiaire : personnel administratif (géré par le SG), Officier, 1er surveillant ou surveillant, le conjoint bénéficie normalement d'une mutation en surnombre près de son conjoint DSP :

    → Il est ainsi affecté selon les besoins du service et non selon ses choix.

    → Il pallie souvent des vacances qui existent dans tous les corps.

    → Il est pointé du doigt et doit redoubler d'efficacité, d'exemplarité et de professionnalisme pour convaincre de sa valeur intrinsèque et de celle de son conjoint DSP.

                   Dans un courrier  adressé par le Garde des Sceaux au Secrétaire Général FO DIRECTION, le 25 septembre 2007, Madame Rachida DATI reconnaît déjà l'étendue de cette difficulté : "Je sais le poids que représentent vos responsabilités, je sais la pression et la tension qu'elles créent pour vous mêmes et votre famille".  C'était il y a 11 ans !

                   Par effet historique et conjoncturel, les femmes ont investi massivement les fonctions de DSP, ne souhaitant pas pour autant abandonner leurs prérogatives familiales, mais se rajoutant encore de nombreuses charges liées à leur fonction. C'est pourquoi, le rapport de l'inspection générale de la justice d'octobre 2017, "La féminisation des métiers du ministère de la Justice", préconise notamment dans sa recommandation 21 en faveur d'une "mobilité à assouplir et à accompagner" : il faut "s'inscrire dans une démarche de simplification et d'harmonisation des calendriers de mobilité", notamment à des fins d'harmonisation avec le calendrier scolaire.

                   Madame Rachida DATI l'évoquait déjà dans son courrier de septembre 2007 au Secrétaire Général : " Un travail doit se poursuivre sur la façon dont les mutations se déroulent, tant en terme de calendrier que dans leurs conditions matérielles en s'inspirant des meilleures expériences (...) Je souhaite qu'un maximum de mouvements se déroule en période de vacances scolaires, et que le travail de vos conjoints soit encore mieux pris en compte".

  • "Mon cher Conjoint,  

    A toi mon premier conjoint, qui après 15 ans de vie commune a baissé les bras parce qu'à ne jamais vivre ensemble, au grès de mes mutations et de tes déplacements, nous avons décidé de savoir pourquoi.

    A toi mon second conjoint, alors que je t'avais prévenu que j'étais DSP, tu as fait le pari de t'attacher à moi et de me suivre dans mes mutations.  

    A toi mon conjoint, cadre dans le privé qui, au gré d'un hasard d'abord heureux puis difficile voir insoluble, a fait le choix de faire ta vie avec une DSP, un chef d'établissement, je tiens à m'excuser des conséquences de mon travail sur ta vie, sur notre famille, sur notre équilibre, sur ta carrière.

    Pourtant je t'avais prévenu ! Dès le début ! « je suis directrice de prison, je mute tous les 4 à 6 ans, je ne reste jamais ». Pourtant tu es toujours là, tu as accepté cette vie de nomade loin de ta famille, loin de tes racines. Si les déménagements n'ont plus de secret pour nous, si les enfants sont très ouverts d'esprit après 6 écoles fréquentées depuis que notre aîné est scolarisé et qu'ils connaîtront sans doute la France sans apprendre leur géographie.

    Alors que notre organisation est sans faille. Je gère la normalité, tu gères l'exceptionnel, l'imprévu, les horaires atypiques, les week-end ratés. Notre nounou à domicile, véritable clé de voûte de notre organisation fait le lien entre nous et elle est la cheville ouvrière indispensable en ton absence.

    Car nous résistons !

    Toi aussi, malgré mon métier dévorant, tu as le droit de faire carrière, tu as le droit d'être accompli et reconnu au travers de tes fonctions. Toi aussi tu as fait des études pour arriver là où tu es ! Et dans une société qui prône l'égalité homme/femme, comment la directrice que je suis, pourrait nier l'homme que tu es ? Car non, professionnellement nous ne sommes pas égaux.

    Le DSP d'hier pouvait emmener sa compagne, ses enfants, elle pouvait les élever, rester à la maison, trouver un petit boulot. Une forme de normalité à une autre époque. Comment aujourd'hui te demander de quitter ton travail, d'être chômeur pour moi, de rester à la maison pour nos enfants scolarisés, quel regard poserait sur toi cette société ? Quel regard poserais-tu sur toi même. Quelle compagne serais- je ? Alors c'est décidé !

    Chaque mutation est le début d'un célibat géographique plus ou moins long, voire très long, jusqu'à 18 mois ! C'est le début de long parcours sur les autoroutes de France pour se voir au pire un week-end sur deux pour limiter les frais. C'est la course à la recherche d'emploi. L'explication, face au nouvel employeur, en position de force pour dire que tu viens me rejoindre. C'est très souvent une perte substantielle de salaire.

    C'est « une chance » de venir travailler où je vis, tu peux bien accepter un sacrifice financier ! Puis les recherches continuent. Maintenant tu es là, tu connais mieux notre nouveau secteur géographique, nous avons plus de relations, tes qualités sont remarquées, tu te fais démarcher ! C'est enfin un travail à la hauteur de tes compétences et de ton besoin d'accomplissement. Félicitations. Par contre, ne t'attache pas trop car… dans 3 ans au maximum je repars… ! Sans accompagnement, sans soutien de mon administration, sans certitude de te suivre si tu partais avant moi car je ne suis rien, notre couple encore moins, seule la fonction compte.

    Alors ce billet je l'adresse à tous mes collègues qui jusqu'à aujourd'hui avaient la chance de partager leur vie avec une personne de l'AP et qui, par la remise en cause du dispositif Lemaire, vont se retrouver dans notre situation. Il n'est pas acceptable que pour l'accomplissement professionnel de chacun, le sacrifice de l'un ou la rupture soit au bout du chemin.  

    Une Directrice désabusée..."

  • Monsieur le Directeur,

    Alors qu'une partie des représentants du personnels a fait le choix de ne pas participer à l'instance paritaire qui se déroule aujourd'hui sous votre présidence, FO Direction a décidé de venir dénoncer une gestion du processus mobilité rejetée par la grande majorité des DSP.

    Une chaise vide ne pourra jamais parler à notre place et les enjeux sont trop importants !

    En effet, depuis plusieurs mois, en contrepartie d'une tentative d'application zélée de notre statut, les acquis que constituent la transparence réglementaire des CAP et le dispositif Lemaire sont remis en cause à votre initiative.

    L'instauration de consultations écrites, la diffusion tardive des documents préparatoires aux représentants du personnel, l'ajout à la dernière minute de postulants dont les candidatures ont été recherchées par l'administration au delà de la date limite prévue dans la circulaire de mobilité, la présentation aux sortants d'école d'une liste de postes dont certains n'ont pas été proposés aux titulaires, sont autant d'exemples qui témoignent d'une volonté de contourner le statut général de la Fonction publique et la mission de la commission administrative paritaire au profit d'une gestion du processus de mobilité qui s’égare dans une direction sinueuse aux contours arbitraires.

    Les DSP, pour qui la clarté du processus de mobilité est un gage de sécurité, sont inquiets de cette évolution. Celle-ci les dissuade de s'inscrire dans une dynamique de mobilité et (au pire) les encourage à se tourner vers d'autres fonctions en dehors de l'administration pénitentiaire. Quel gâchis !

    Mais il est encore temps de rectifier le tir  en mettant un terme aux consultations écrites dépourvues de base légale, en programmant une troisième CAP annuelle, en transmettant dans les délais réglementaires les documents de travail préalables à l'étude des dossiers en CAP, en appliquant une gestion uniforme des règles de candidatures qui n'ostracise pas des postulants hors délais tout en accordant des dérogations à d'autres « mieux pressentis », et enfin en consultant les représentants du personnel sur les postes proposés en fin de scolarité ou à la liste d'aptitude.

    Par ailleurs, alors que le métier de DSP se complexifie sous l'effet conjugué d'une normalisation sclérosante et contradictoire, d'une pression politique et sociale croissante et d'une responsabilisation aveugle, nos contraintes statutaires sont appliquées avec plus d'exigence : obligation de faire acte de candidature pour les collègues ayant atteint la durée maximale d'affectation, limitation de la mission pour les DSP affectés dans les départements et collectivités d'outre mer, application stricte de la règle des deux ans d'affectation sur un même poste avant de pouvoir faire acte de candidature sauf lorsque cela arrange l'administration... Dans ce contexte comment appréhender nos fonctions avec sérénité alors que dans le même temps, le refuge que constitue pour le DSP la cellule familiale est ébranlé par la remise en cause du seul acquis pénitentiaire garantissant pour certain d'entre nous sa stabilité : le dispositif Lemaire.

    Pour mémoire, la jurisprudence Lemaire est devenue en 2008 le « dispositif Lemaire » que le DAP, Monsieur Claude D'HARCOURT, a étendu à tous les DSP et aux Officiers Chefs d'établissement.  Son successeur, Monsieur Jean-Amédée LATHOUD, confirmait cette position  et élargissait le bénéfice du dispositif aux DPIP.

    Remettre en cause aujourd'hui cet acquis, sacralisant pour une partie d'entre nous la stabilité de la sphère familiale, correspond non seulement à un suicide social, programmé par vos services, mais aura également raison du peu de confiance qu'il nous reste vis à vis de notre administration.

    En conséquence, FO Direction exige une prise en compte réelle et sérieuse de la sphère familiale comme un élément de stabilité indispensable, comme un vecteur de prévention des RPS, comme une contrepartie de la contrainte de mobilité et des exigences du poste.

    FO Direction demande que le dispositif d'accompagnement à la mobilité intègre systématiquement la situation personnelle de l'agent.

    FO Directionrevendique : le rétablissement immédiat du dispositif Lemaire ;  la constitution d'un groupe de travail dès septembre 2018 sur l'aide et l'accompagnement à la mobilité du conjoint et de la famille ( facilitation des démarches administratives notamment scolaires, aide au retour à l'emploi du conjoint, signature d'une convention nationale avec un transporteur, priorisation des places en crèches) ; la promotion de la mobilité fonctionnelle au même titre que la mobilité géographique et la mise en concordance du calendrier des CAP  avec l'année scolaire.

    Est- il utile de rappeler enfin que nos revendications s'inscrivent dans la continuité  même de la lettre de mission que Madame la Garde des Sceaux a adressé au Directeur de l'Administration Pénitentiaire en mai 2018, réaffirmant la nécessité de moderniser la GRH par la « fidélisation des agents, l'amélioration de la gestion individuelle, l'action sociale d'accompagnement et des parcours carrières. » ?

    Les élus en CAP FO Direction

    Sébastien NICOLAS

    Xavier VILLEROY

img.responsive { max-width : 100%; height : auto; }