mobilité

  • « Lettre à mon conjoint »

    Mon Pauvre Conjoint,

        A toi qui as fait le choix de construire ta vie avec une DSP, tu ne te doutais pas de ce que tu allais endurer.

        Depuis des années, tu supportes sans rien dire, les retours à la maison en soirée, et même parfois beaucoup beaucoup plus tard, les départs de la maison aux aurores au fil des incidents, les week-ends d‘astreinte loin de sa famille en raison de l’actualité de l’établissement, les vacances annulées lorsque des contrôleurs ou des événements l’imposent, et un CET bien rempli par obligation au fur et à mesure des sacrifices de congés…

        Depuis très longtemps, tu supportes de gérer seul nos enfants et notre logistique familiale, d’accepter mes contraintes toujours plus fortes et d’être patient face à mon épuisement professionnel, mais aussi d’endurer mes soucis permanents et constants liés à ma responsabilité de plus en plus écrasante dans un isolement professionnel déstabilisant…

        Depuis de nombreux déménagements, tu subis constamment, à chaque mutation, des difficultés d’intégration pour que tes nouveaux collègues dépassent ta position de conjoint de la Directrice, de toujours devoir te refaire une légitimité professionnelle en ayant perdu ta reconnaissance passée, d’avoir mis de côté tes désirs de promotion professionnelle et de spécialité car ceci cumulé à mon obligation de mobilité, rend les choses impossibles en famille.

        A toi qui supportes tout ceci depuis trop longtemps, il va te falloir accepter aujourd’hui l’inacceptable : ne pas pouvoir me suivre dans le cadre de mes mutations statutaires obligatoires et sans cesse rappelées par la DAP (alerte sur les délais dépassés, restrictions sur des catégories de postes, demandes de mobilité nationale et non régionale,...).

        Tu vas devoir rester à l’autre bout de la France dans l’attente qu’une vacance de poste se libère peut-être enfin, seul, éloigné de ta famille. Au mieux, tu seras contraint d’accepter d’être affecté dans un ressort géographique non défini pouvant nous éloigner de plusieurs centaines de kilomètres. Et, toi qui restes le pilier de notre quotidien en famille, il va te falloir accepter de passer le relais à des nounous et autres baby-sitters pour permettre à ta conjointe DSP que je suis, de continuer à tenter d’honorer ses fonctions envahissantes, jusqu’à ton affectation à mes côtés.

        Mon Cher conjoint, une chose est bien évidente, je ne vais pas accepter ceci sans me battre le moment venu. Et si besoin, rassure toi bien, entre notre vie de couple et de famille et mon poste de DSP, c’est bien toi que je choisirai.  

    Une Directrice désabusée……

  • "Mon cher Conjoint,  

    A toi mon premier conjoint, qui après 15 ans de vie commune a baissé les bras parce qu'à ne jamais vivre ensemble, au grès de mes mutations et de tes déplacements, nous avons décidé de savoir pourquoi.

    A toi mon second conjoint, alors que je t'avais prévenu que j'étais DSP, tu as fait le pari de t'attacher à moi et de me suivre dans mes mutations.  

    A toi mon conjoint, cadre dans le privé qui, au gré d'un hasard d'abord heureux puis difficile voir insoluble, a fait le choix de faire ta vie avec une DSP, un chef d'établissement, je tiens à m'excuser des conséquences de mon travail sur ta vie, sur notre famille, sur notre équilibre, sur ta carrière.

    Pourtant je t'avais prévenu ! Dès le début ! « je suis directrice de prison, je mute tous les 4 à 6 ans, je ne reste jamais ». Pourtant tu es toujours là, tu as accepté cette vie de nomade loin de ta famille, loin de tes racines. Si les déménagements n'ont plus de secret pour nous, si les enfants sont très ouverts d'esprit après 6 écoles fréquentées depuis que notre aîné est scolarisé et qu'ils connaîtront sans doute la France sans apprendre leur géographie.

    Alors que notre organisation est sans faille. Je gère la normalité, tu gères l'exceptionnel, l'imprévu, les horaires atypiques, les week-end ratés. Notre nounou à domicile, véritable clé de voûte de notre organisation fait le lien entre nous et elle est la cheville ouvrière indispensable en ton absence.

    Car nous résistons !

    Toi aussi, malgré mon métier dévorant, tu as le droit de faire carrière, tu as le droit d'être accompli et reconnu au travers de tes fonctions. Toi aussi tu as fait des études pour arriver là où tu es ! Et dans une société qui prône l'égalité homme/femme, comment la directrice que je suis, pourrait nier l'homme que tu es ? Car non, professionnellement nous ne sommes pas égaux.

    Le DSP d'hier pouvait emmener sa compagne, ses enfants, elle pouvait les élever, rester à la maison, trouver un petit boulot. Une forme de normalité à une autre époque. Comment aujourd'hui te demander de quitter ton travail, d'être chômeur pour moi, de rester à la maison pour nos enfants scolarisés, quel regard poserait sur toi cette société ? Quel regard poserais-tu sur toi même. Quelle compagne serais- je ? Alors c'est décidé !

    Chaque mutation est le début d'un célibat géographique plus ou moins long, voire très long, jusqu'à 18 mois ! C'est le début de long parcours sur les autoroutes de France pour se voir au pire un week-end sur deux pour limiter les frais. C'est la course à la recherche d'emploi. L'explication, face au nouvel employeur, en position de force pour dire que tu viens me rejoindre. C'est très souvent une perte substantielle de salaire.

    C'est « une chance » de venir travailler où je vis, tu peux bien accepter un sacrifice financier ! Puis les recherches continuent. Maintenant tu es là, tu connais mieux notre nouveau secteur géographique, nous avons plus de relations, tes qualités sont remarquées, tu te fais démarcher ! C'est enfin un travail à la hauteur de tes compétences et de ton besoin d'accomplissement. Félicitations. Par contre, ne t'attache pas trop car… dans 3 ans au maximum je repars… ! Sans accompagnement, sans soutien de mon administration, sans certitude de te suivre si tu partais avant moi car je ne suis rien, notre couple encore moins, seule la fonction compte.

    Alors ce billet je l'adresse à tous mes collègues qui jusqu'à aujourd'hui avaient la chance de partager leur vie avec une personne de l'AP et qui, par la remise en cause du dispositif Lemaire, vont se retrouver dans notre situation. Il n'est pas acceptable que pour l'accomplissement professionnel de chacun, le sacrifice de l'un ou la rupture soit au bout du chemin.  

    Une Directrice désabusée..."

  •  

    Monsieur le Président,

    Mesdames, messieurs,

     

    Ces dernières semaines, FO-Direction a souhaité se consacrer entièrement à la préparation de la commission administrative paritaire qui se tient aujourd'hui sous votre présidence.

    En effet, la mobilité est une échéance importante pour nos collègues et leurs familles. Elle mérite donc l'entière attention des représentants du personnel. Nous n'avons pas ménagé notre disponibilité pour répondre à tous ceux qui ont sollicité nos conseils. Et ils sont nombreux !

    Vous le savez, l'exercice n'est pas simple car il consiste à concilier à la fois des vœux de promotion professionnelle et un statut spécial exigeant avec la nécessaire stabilité de la sphère familiale. Ce n'est qu'en parvenant à résoudre cette équation que la mobilité est vertueuse, réussie, car choisie ou consentie par l'agent.

    Pour FO-direction, le meilleur management et le meilleur accompagnement consistent à ne pas considérer les Directeurs comme des pions à bouger sur l'échiquier des vacances de postes mais comme des hommes et des femmes soucieux de servir leur administration, sans pour autant sacrifier le reste.

    Cet accompagnement solide doit s’inscrire dans une véritable gestion prévisionnelle des emplois et des compétences qui, au passage, éviterait que l'administration sollicite des candidatures au-delà de la date limite prévue par la circulaire de mobilité et les  privilégie.

    Or, à ce jour et malgré un engagement de votre part au printemps dernier, aucun travail sur la Charte de Mobilité visant à encadrer ces dispositifs aux modalités complexes n’a été entamé. L'accompagnement à la mobilité est également un enjeu déterminant pour l'avenir du corps.

    Cette année encore, des collègues demandent leur détachement sur des postes de catégorie A creusant  une érosion intarissable. Les raisons de cette fuite au détriment du service public pénitentiaire et de l'expérience acquise par ses cadres ont-elles été analysées?

    Est-ce que l'administration a anticipé ces départs ?

    A-t-elle reçu les collègues concernés pour leur proposer des alternatives intéressantes ?

    Par ailleurs, les taux de participation aux épreuves écrites du concours de DSP dépassent encore péniblement les 20 % alors que le calendrier des épreuves 2018 n'a pas obligé les candidats à opérer des choix d’orientation.

    Pour FO-Direction, le manque d'attractivité du métier de Directeur des services pénitentiaires s'explique, au delà de la difficulté inhérente au métier, par un statut contraignant non compensé par un indemnitaire à la hauteur.

    La réforme A+, dont certain voudrait nous appliquer les inconvénients sans nous accorder les avantages, reste pour la majorité d'entre nous un ectoplasme tandis que l'on nous annonce que le développement du RIFSEEP est prévu à moyens constants.

    L'accompagnement dans une mobilité choisie et un parcours de carrière attractif restent pour le moment le seul rempart face à une érosion encore plus grande du corps.

    L'accompagnement à la mobilité est enfin une marque de reconnaissance pour les Directeurs qui régulièrement dénoncent un sentiment d'abandon par leur administration. Et comment ne pas interroger, lorsque l'on parle de reconnaissance, la gestion trop tardive des récompenses pour ceux qui ont tenu les établissements en janvier dernier, sans compter leurs heures, leur santé, leur loyauté et l’impact sur leur vie personnelle.

    Si vous les avez oubliés, ce n'est pas notre cas.

    FO-Direction demande que le traitement des récompenses aux personnels qui se sont illustrés en janvier 2018 soit priorisé.

    FO- Direction demande la reprise des travaux autour de la charte de mobilité des Directeurs.

    FO-Direction demande la reprogrammation rapide de la réunion de préparation des travaux sur le RIFSEEP des DSP.

    FO-Direction demande la  reprise des travaux sur la finalisation du statut des DSP, promise pour le dernier trimestre 2017 !

    FO-Direction demande des éléments sur le ratio pro/pro du futur TA de HC.

    Nous déplorons depuis plus d’un semestre le silence de vos services sur ces dossiers particulièrement suivis par nos collègues. La charge de travail de vos sous-directions, dont nous avons parfaitement conscience, ne peut de manière crédible nous être opposée indéfiniment. 

    Nos échanges sont importants pour une avancée sereine des différents dossiers en cours.

    Pour le Bureau National

    La secrétaire générale adjointe

    S. CHAN SHU LAM BONDIL

  • DEFENDRE LES DSP !

    Monsieur le Directeur,

    La dernière CAP des DSP de l'exercice 2018 se tient aujourd'hui sous votre présidence. A l'heure du bilan d'une année particulièrement difficile, les représentants FO Direction souhaitent rappeler certaines de nos revendications et porter à votre attention celles issues des dernières rencontres que nous avons organisées en région.

    Comme nous l'avons évoqué à plusieurs reprises devant vous, l'opacité du processus de mobilité est dénoncée par tous. Ce processus, que les magistrats appellent dans leur jargon « transparence », nous ne voudrions pas avoir à le rebaptiser demain « obscurité » pour qualifier la mobilité des DSP. C'est pourquoi, FO Direction, s'emploie à tracer des lignes rouges. C'est ce que nous avons fait en attaquant devant le Conseil d'Etat la disposition prévoyant la non consultation de la CAP sur les nominations à des emplois fonctionnels, en dénonçant la diffusion pour les sortants d'école d'une liste de postes dont certains n'ont pas été proposés aux titulaires, en refusant le recours aux consultations écrites et en exigeant l'organisation d'une troisième CAP de mobilité, en révélant le démarchage de collègues par la DAP alors que la date limite de candidature est dépassée et enfin en assurant par notre présence constante en CAP l'étude impartiale et la défense de chaque candidature...

    Ces sujets, essentiels pour les DSP, vous les connaissez désormais parfaitement grâce à notre action. Mais nous souhaitons aujourd'hui insister sur un point particulier concernant l'accès à la classe exceptionnelle. Des collègues, éligibles l'année dernière à la classe exceptionnelle au titre des dispositions transitoires ne le sont pas cette année puisqu'ils ne remplissent plus désormais les conditions d'accès. Certains d'entre eux auraient pu être promus l'année dernière si l'administration avait choisi de pourvoir tous les postes plutôt que d'en réserver certains pour l'année suivante. Cette situation particulièrement injuste, mérite d'être dénoncée aujourd'hui et rectifiée !

    Dans un autre registre, en ce qui concerne l'accompagnement à la mobilité, nous saluons l'organisation d'entretiens de carrièrequi devront permettre d'anticiper et de respecter les choix de chacun tout en les conciliant avec les besoins de l'administration. Nous prenons acte également de la position prise par le DAP sur le dispositif Lemaire, suite à l'interpellation de FO Direction lors de la CAP du 28 août et nous nous félicitons de l'organisation prochaine d'une réunion sur la thématique de la charte de mobilitéque nous appelons de nos vœux depuis plus d'un an et qu’il a fallu obtenir aux forceps. 

    Par ailleurs, FO Direction attire une nouvelle fois votre attention sur la nécessité d'avancer rapidement sur le dossier de la réforme statutaire des DSPqui reste à ce jour inachevée. En effet, après le camouflet que constitue le report au 1 janvier 2019 de l'augmentation indiciaire prévue dans le cadre de la réforme de janvier 2017 au bénéfice de tous les DSP, après l'exclusion des DSP du dispositif PPCR que FO Direction a contesté devant le Conseil d'Etat, nous attendons désormais beaucoup des négociations sur l'indemnitaire dans le cadre du déploiement du RIFSEEP.  Nous prenons donc acte de la programmation d'une réunion fin octobre sur le statut et l'indemnitaire des DSP, demandée et obtenue par FO Direction lors de la CAP du 28 août.

    Puisque l'obstacle à la reconnaissance de la catégorie A+ que représente l'accueil dans le corps des DSP de fonctionnaires de catégorie B est sur le point d'être levé avec la réforme du corps de commandement, notre indemnitaire sera désormais en mesure de s'aligner sur celui offert aux autres corps de catégorie A+. Comme vous le savez parfaitement, l'Indemnité de Fonction et d'Objectif perçue à ce jour par les DSP est indigne des missions et des responsabilités qui sont les leurs. Sans aller chercher bien loin, il suffit pour s'en convaincre de la comparer avec l'indemnitaire bien supérieur alloué aux Attachés d'Administration ou aux Directeurs Pénitentiaires d'Insertion et de Probation dont le champ de responsabilités est sans commune mesure. Par ailleurs, l'IFO des DSP est à ce point obsolète qu'elle n'intègre même pas la nouvelle catégorisation des établissements de janvier 2017 et se borne au critère ancien des 600 places théoriques. Pire encore, la modulation de fin d'année prévue par les textes se révèle n'être qu'une coquille vide dans la mesure où les enveloppes budgétaires dédiées ne sont pas suffisamment abondées. Après l'extraordinaire dévouement des DSP lors des mouvements sociaux du mois de janvier, une modulation conséquente de l'IFO pourrait constituer une marque de reconnaissance appréciée ! Mais cette année, comme pour les précédentes, nous craignons que ce vœux pieux reste à l'état de vœux pieux !

    Pour finir, nous nous réjouissons des travaux en cours sur le réforme de l'administration centrale auxquels FO Direction est associé. Cette réforme nécessaire, nous l'appelons de nos vœux depuis l'égarement que représente la dernière réorganisation. Retrouver de l'opérationnel dans le cadre d'une organisation lisible et déconcentrée est la seule voie permettant enfin de combler le fossé qui se creuse de jour en jour entre les services centraux et les services déconcentrés de l'Administration Pénitentiaire. Au delà de l'aspect organisationnel, nous porterons une attention particulière sur l'accompagnement managérial de cette réforme car nous n'ignorons rien des difficultés et de la souffrance de nos collègues affectés à la DAP...

    Monsieur le Directeur, en 2017, certains avaient fait l'erreur de croire que FO Direction serait mis en difficulté après les bouleversements qu'a pu connaître notre organisation. C'était sans compter que la pérennité de FO Direction ne repose pas et ne reposera jamais sur une personne. Elle trouve sa force dans une équipe dévouée à ses adhérents et déterminée dans son action au profit de l'intérêt collectif du corps et des intérêts individuels de chacun de ses membres.

    Pour les DSP qui nous accordent leur confiance et pour tous ceux qui se reconnaissent dans notre action, nous ne baisserons jamais notre vigilance !

     

    Les élus en CAP FO Direction

  • Monsieur le Directeur,

    Alors qu'une partie des représentants du personnels a fait le choix de ne pas participer à l'instance paritaire qui se déroule aujourd'hui sous votre présidence, FO Direction a décidé de venir dénoncer une gestion du processus mobilité rejetée par la grande majorité des DSP.

    Une chaise vide ne pourra jamais parler à notre place et les enjeux sont trop importants !

    En effet, depuis plusieurs mois, en contrepartie d'une tentative d'application zélée de notre statut, les acquis que constituent la transparence réglementaire des CAP et le dispositif Lemaire sont remis en cause à votre initiative.

    L'instauration de consultations écrites, la diffusion tardive des documents préparatoires aux représentants du personnel, l'ajout à la dernière minute de postulants dont les candidatures ont été recherchées par l'administration au delà de la date limite prévue dans la circulaire de mobilité, la présentation aux sortants d'école d'une liste de postes dont certains n'ont pas été proposés aux titulaires, sont autant d'exemples qui témoignent d'une volonté de contourner le statut général de la Fonction publique et la mission de la commission administrative paritaire au profit d'une gestion du processus de mobilité qui s’égare dans une direction sinueuse aux contours arbitraires.

    Les DSP, pour qui la clarté du processus de mobilité est un gage de sécurité, sont inquiets de cette évolution. Celle-ci les dissuade de s'inscrire dans une dynamique de mobilité et (au pire) les encourage à se tourner vers d'autres fonctions en dehors de l'administration pénitentiaire. Quel gâchis !

    Mais il est encore temps de rectifier le tir  en mettant un terme aux consultations écrites dépourvues de base légale, en programmant une troisième CAP annuelle, en transmettant dans les délais réglementaires les documents de travail préalables à l'étude des dossiers en CAP, en appliquant une gestion uniforme des règles de candidatures qui n'ostracise pas des postulants hors délais tout en accordant des dérogations à d'autres « mieux pressentis », et enfin en consultant les représentants du personnel sur les postes proposés en fin de scolarité ou à la liste d'aptitude.

    Par ailleurs, alors que le métier de DSP se complexifie sous l'effet conjugué d'une normalisation sclérosante et contradictoire, d'une pression politique et sociale croissante et d'une responsabilisation aveugle, nos contraintes statutaires sont appliquées avec plus d'exigence : obligation de faire acte de candidature pour les collègues ayant atteint la durée maximale d'affectation, limitation de la mission pour les DSP affectés dans les départements et collectivités d'outre mer, application stricte de la règle des deux ans d'affectation sur un même poste avant de pouvoir faire acte de candidature sauf lorsque cela arrange l'administration... Dans ce contexte comment appréhender nos fonctions avec sérénité alors que dans le même temps, le refuge que constitue pour le DSP la cellule familiale est ébranlé par la remise en cause du seul acquis pénitentiaire garantissant pour certain d'entre nous sa stabilité : le dispositif Lemaire.

    Pour mémoire, la jurisprudence Lemaire est devenue en 2008 le « dispositif Lemaire » que le DAP, Monsieur Claude D'HARCOURT, a étendu à tous les DSP et aux Officiers Chefs d'établissement.  Son successeur, Monsieur Jean-Amédée LATHOUD, confirmait cette position  et élargissait le bénéfice du dispositif aux DPIP.

    Remettre en cause aujourd'hui cet acquis, sacralisant pour une partie d'entre nous la stabilité de la sphère familiale, correspond non seulement à un suicide social, programmé par vos services, mais aura également raison du peu de confiance qu'il nous reste vis à vis de notre administration.

    En conséquence, FO Direction exige une prise en compte réelle et sérieuse de la sphère familiale comme un élément de stabilité indispensable, comme un vecteur de prévention des RPS, comme une contrepartie de la contrainte de mobilité et des exigences du poste.

    FO Direction demande que le dispositif d'accompagnement à la mobilité intègre systématiquement la situation personnelle de l'agent.

    FO Directionrevendique : le rétablissement immédiat du dispositif Lemaire ;  la constitution d'un groupe de travail dès septembre 2018 sur l'aide et l'accompagnement à la mobilité du conjoint et de la famille ( facilitation des démarches administratives notamment scolaires, aide au retour à l'emploi du conjoint, signature d'une convention nationale avec un transporteur, priorisation des places en crèches) ; la promotion de la mobilité fonctionnelle au même titre que la mobilité géographique et la mise en concordance du calendrier des CAP  avec l'année scolaire.

    Est- il utile de rappeler enfin que nos revendications s'inscrivent dans la continuité  même de la lettre de mission que Madame la Garde des Sceaux a adressé au Directeur de l'Administration Pénitentiaire en mai 2018, réaffirmant la nécessité de moderniser la GRH par la « fidélisation des agents, l'amélioration de la gestion individuelle, l'action sociale d'accompagnement et des parcours carrières. » ?

    Les élus en CAP FO Direction

    Sébastien NICOLAS

    Xavier VILLEROY

  • Le 15 novembre, FO-Direction, seul syndicat défendant exclusivement les intérêts des Directeurs des services pénitentiaires, a été reçu deux heures durant par Mme DJEMNI-WAGNER, Conseillère justice du Président de la République et Madame Charlotte CAUBEL, Conseillère justice du Premier Ministre.

    La délégation, menée par Sébastien NICOLAS, Secrétaire Général, était composée de Xavier VILLEROY et Gaëlle VERSCHAEVE, Secrétaires Nationaux.

    ElyséeNotre organisation souhaitait par cette rencontre au plus haut sommet de l'Etat, porter la parole des Directeurs des services pénitentiaires, éprouvés après une année particulièrement difficile et souligner les enjeux actuels et à venir.

    Alors que l'attribution tardive des marques de reconnaissance saluant l'extraordinaire dévouement des Directrices et des Directeurs pendant les mouvements sociaux du mois de janvier 2018 entraîne son lot de frustration chez nombre d'entre nous dont l'engagement et la qualité du travail n'ont pas été reconnus à leur juste valeur, FODirection a rappelé à Mesdames les Conseillères que notre corps n'a jamais failli à ses responsabilités et prouvé sa loyauté institutionnelle en chaque occasion.

    Nous avons également souligné que le profond engagement des hommes et des femmes qui dirigent les établissements et services de l'administration pénitentiaire se mesure aussi au quotidien dans l'exercice de missions difficiles face à une population pénale de plus en plus violente et dans l'accompagnement de personnels en perte de repères face à des attentes politiques et sociales souvent concurrentes. Cet engagement des Directrices et des Directeurs prend, d'ailleurs, des allures sacerdotales lorsque l'on connaît les sacrifices que la majorité d'entre nous consent au cours de sa carrière : mobilité obligatoire fragilisant la cellule familiale, responsabilités exorbitantes pouvant aller jusqu'à des mises en causes pénales, journées de travail interminables, astreintes récurrentes de jour comme de nuit.

    Et tout cela pour une reconnaissance institutionnelle faible qui se mesure notamment à l'aune des difficultés que nous rencontrons à faire reconnaître notre corps catégorie A + de la fonction publique de l’Etat.

  • Du 10 au 12 octobre 2017 s'est tenu le 9ème Congrès du SNP-FO Direction, syndicat majoritaire des Directrices et Directeurs des Services Pénitentiaires. Regroupant les Délégués du Congrès représentant les Interrégions, les groupes de travail formés après l'élection du nouveau Bureau National ont été en mesure de proposer un programme rassemblant les propositions d'évolution au bénéfice du corps et de l'AP.

    congrés

    I. Le métier du DSP - Haut fonctionnaire en position de responsabilité

    Nous constatons que sur l'exercice 2016, les taux de participation aux concours de Directeur des services pénitentiaires sont relativement faibles. En effet, 26%1 des inscrits se sont présentés aux épreuves écrites. La tendance pourrait s'aggraver en 2017, certains centres d'examen relèvant un niveau de participation de 16%. Si d'aucun accuse le hasard du calendrier qui propose le même jour aux candidats de choisir entre leur participation aux épreuves écrites du concours de DSP et à celles d'autres concours, il n'en résulte pas moins que le choix des candidats apparaît clairement à la lumière des taux de participation et démontre le déficit d'attractivité du métier de DSP. Il suffit pour s'en convaincre de relever qu'en 2016, 49,17 %2 des candidats inscrits se sont présentés aux épreuves écrites des IRA et 61,45%3 à celles du concours d'accès à la magistrature. Cela confirme une évolution inquiétante tandis que le rapport de la Cour des comptes sur la gestion des personnels pénitentiaires relatif à l'exercice 2009-2014 souligne une anormalité quant au départ massif des directeurs vers d'autres administrations, départs qui génèrent un coût important en formation peu rentabilisé par l'administration pénitentiaire.

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