CAP du 7 novembre 2014 - Déclaration liminaire : Les DSP ont-ils un avenir ?

Les DSP ont-ils un avenir ?

 

Madame la Directrice,
Madame la Présidente,

Nous arrivons au terme du mandat que nous ont confié nos collègues pour les représenter.

Cette lourde responsabilité, nous avons tenu à l'assumer en revendiquant dans le respect de nos valeurs,  notre  identité  professionnelle  qui  doit  être préservée. C'est la position constante de FO-Direction.

Il ne s'agit ni de crispation exacerbée ni de repli identitaire sclérosé, mais de marquer dans les positions qui sont les nôtres, la nécessaire reconnaissance du corps des DSP, corps d'encadrement supérieur de l'Administration Pénitentiaire.

Le gros mot est lâché ! Parfois, nous avons constaté qu'il pouvait fâcher :

  • Ceux qui rêvent à un regroupement par voie de fusion des corps, solution miracle aux crises d'identité professionnelle, au malaise des DSP.
  • Ceux qui opposent dans un nouvel empire du milieu, le milieu ouvert et le milieu fermé, ou prétendus tels.
  • Ceux qui encouragent les divisions au lieu de rassembler, parce qu'ils sont de passage dans notre Institution, pour y faire carrière ou pour pantoufler.

Il ne s'agit pas d'invectives ou de propos désabusés, par le constat d'une incapacité à diriger de ceux qui avaient le devoir de diriger.

Deux crises sociales d'importance ont secoué cette Administration et traversé le corps des DSP. L'absence de considération a été martelée et dénoncée en 2012. A la Maison de la Chimie, dans la rue et dans ces murs.

En 2013, nous avons osé braver tabous et fatwas en manifestant, en civil ou en uniforme le 28 mai devant les fenêtres de la Chancellerie. Les interrogations propagées dans une littérature sournoise et les menaces grotesques de sanctions n'ont pas eu raison de notre détermination, qui a seule permis de relancer dans l'urgence la négociation statutaire assoupie.

Cette réforme statutaire, promise par tous mais malmenée par tout un chacun de ceux qui ont été nos interlocuteurs durant 4 ans, c'est désormais la vôtre. En tout cas, c'est à vous de la porter, de la valoriser. Pour cela, nous serons à vos côtés mais nous n'accepterons pas une réforme sans marqueurs identitaires du A+.

Depuis 2008, les promesses se transforment en mensonge d'Etat.

On a pu entendre :

  • contexte budgétaire défavorable,
  • coût de la réforme pour 500 DSP,
  • effet de contagion.


Mais aussi, on a pu constater et entendre :

  • réformes statutaires et indemnitaires dans ce ministère,
  • divagations sur le faible nombre d'agents, qui écarte toute visibilité. Il vaut mieux être 1 000 que 500 ! Le coût, ce n'est pas un problème !
  • Méconnaissance et rejet des spécificités et contraintes exorbitantes de notre métier.


Cette insuffisance d'analyse et d'ambition consternante est la cause profonde de cette évaporation au sein du corps. La fuite n'est pas une forme de mobilité. C'est l'échec de la mobilité. Notre mission de représentants du personnel, même au crépuscule, nous impose de vous alerter sans relâche et sans faiblesse.

Nous avons aussi fait en sorte que la CAP ne soit pas considérée comme une chambre d'enregistrement, un simple passage obligé mais sans intérêt, en contestant des décisions iniques ou irrégulières. Le respect des textes, c'est aussi le respect des femmes et des hommes, tout simplement. Cette conviction, nous devons la partager et nous espérons, si nos collègues nous renouvellent leur confiance prochainement, la faire vivre ensemble.

Pour le Bureau National,
Le Secrétaire Général,

Jimmy DELLISTE

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