CAP du 15 septembre 2015 - Déclaration liminaire : La pénitentiaire ensablée ?

Madame la Directrice,
Madame la Présidente,

La rentrée sociale s'annonce difficile au sein de notre Institution. Les effets d'annonce ne produisent pas toujours les effets escomptés, surtout lorsqu'ils présentent un caractère décalé avec la réalité vécue au quotidien par les personnels.

Au sein de notre corps d'encadrement supérieur, les départs se multiplient. D'autres se préparent, afin de trouver, toujours ailleurs, une réelle reconnaissance professionnelle et statutaire.

C'est ainsi. Notre propre Administration ne sait pas retenir ses directeurs et pour ceux qui ont pu partir, il est illusoire d'imaginer une perspective de retour.

CAP après CAP, les vacances de postes augmentent et fragilisent l'équilibre des établissements.

Les charges sont pesantes. Très lourdes. Nos fonctions imposent une disponibilité permanente, souvent une mobilité imposée. Les DSP et leurs familles, souvent déracinés, subissent désormais une réglementation inadaptée en matière de logement de fonction.

Qui s'en préoccupe ?

Les convictions personnelles et la motivation professionnelle ne suffisent plus à conserver la confiance nécessaire que nous devons accorder à ceux et celles qui nous dirigent.

Ainsi, « la pénitentiaire au fil de l'eau » s'enfonce inexorablement dans les sables et s'échouera.

Nous pensons que votre tempérament ne vous pousse pas naturellement à prendre le commandement d'une embarcation en perdition. Mais de notre côté, nous n'embarquerons pas avec vous dans ces conditions.

Néanmoins, le constat s'impose :
– Le Statut des DSP, malgré les engagements pris, est toujours au fond de la soute, depuis 3 ans.
– La revalorisation indemnitaire, par l'IFO, reste un échec patent. Que sera la modulation 2015 ?
– La « saine concurrence », ou plutôt « malsaine confusion » conduit, au gré des circonstances, à nier les spécificités des corps et des filières, leurs missions respectives.

On puise alternativement dans chaque corps afin de pourvoir aux emplois supérieurs vacants. Mais surtout, on entretient des rivalités et des amertumes.

Les DSP, aujourd'hui, doutent encore plus qu'hier d'une réelle volonté politique de finalisation d'une réforme statutaire engagée en 2007.

Ils doutent encore plus du contenu réel du projet soutenu par la Chancellerie et la DAP pour la reconnaissance du A+. Les soutiens sont-ils réels ?

Chacun le sait. Quand on n'a plus rien à espérer de ceux qui nous dirigent, il faut espérer dans la radicalité.

Madame la Directrice, aujourd'hui les DSP sont à bout.

Pour le Bureau National,

Le Secrétaire Général,

Jimmy DELLISTE

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