CAP du 1er décembre 2015 : Déclaration liminaire

Madame la Directrice,
Madame la Présidente,

La dernière CAP des DSP de l'année 2015 nous autorise à dresser un bilan provisoire, relatif à l'état de notre Administration.

1) - Les évènements tragiques et barbares que la France a dû subir en janvier et novembre 2015 nous conduisent à renouveler nos demandes de renforcement des moyens matériels et humains à consentir dans une situation d'urgence et de crise.

Nous devons déplorer que l'Administration Pénitentiaire ait été tenue à l'écart d'une nécessaire intégration au sein des dispositifs de renseignement et de sécurité intérieurs. Une participation étroite et active n'était pas, selon notre analyse, de nature à considérer notre Direction centrale comme un appendice du ministère de l'Intérieur et moins encore de faire du ministère de la Justice, un demi ministère de l'Intérieur.

L'Administration pénitentiaire est pourtant la 3ème force de sécurité de la Nation !

Ce choix politique et stratégique n'a pas été fait et montre les limites de l'exercice, au risque de la sécurité collective. Nous serons soumis, c'est évident, au constat de l'évolution des formes et modalités d'action des actes de terrorisme.

Nous devons à la suite de ces attentats, nous préparer rapidement aux conditions de prise en charge de publics atypiques, violents, déterminés et sans doute faiblement accessibles à un programme de réinsertion, de prévention de la récidive, de désendoctrinement.

Les liaisons fonctionnelles avec l'UCLAT ou l'examen, à la CAP de ce jour, d'une création de poste de chef de projet de lutte contre la radicalisation illustrent le besoin criant de coopération, de coordination, que la disparition de la Sous-direction EMS et le délitement du bureau EMS3 ont contribué à faire émerger.

Bien sûr, la sécurité pénitentiaire n'a pas disparu. Mais elle est moins visible et redistribuée entre sous-directions. Ces publics violents et radicalisés que nous devons tous combattre mais aussi gérer après leur arrestation, rendent indispensable une approche globale et non dispersée.


2) - Nous devons aussi nous interrroger sur les modalités de sortie de crise que le ministère devra trouver pour restaurer et rétablir un climat de confiance avec les organisations professionnelles engagées autour de l'Unité Syndicale, qui regroupe en termes de représentativité plus de 85 % des personnels de la DAP.

Un conflit social de longue durée laisse nécessairement des traces, des séquelles et parfois des plaies ouvertes.

Les DSP se sentent concernés par les carences graves des organigrammes non réévalués, les postes découverts dans les détentions, les missions rajoutées sans évaluation des ressources nécessaires.

Nous payons aujourd'hui la note. Celle des silences et des compromissions de vos prédécesseurs qui ont battu en retraite avant même de la prendre !

Au sein même du corps des DSP, la lassitude s'installe, avec l'épuisement professionnel.

« Les DSP ne doivent pas lâcher prise, ils assurent la direction et la bonne marche des établissements pénitentiaires ». C'est votre propos et nous le partageons. Mais il convient de nous accorder, outre un soutien, les moyens d'exercer correctement nos fonctions.

Les équipes de direction doivent être mieux étoffées pour répondre aux missions et aux objectifs fixés.


3) - Enfin, la reconnaissance d'un corps d'encadrement supérieur ne repose pas que sur des encouragements et des intentions. Il faut à celui-ci un positionnement clairement affiché. FO-Direction s'est toujours battu pour promouvoir un Statut modernisé, adapté à nos contraintes fortes, à notre disponibilité entière, au niveau élevé de nos responsabilités.

Il faut désormais, après la RIM (réunion interministérielle) du 16 octobre 2015, finaliser sans tarder notre réforme statutaire. Après les engagements pris en 2007, les promesses trahies, nous sommes désabusés. Nous savons que les procédures à suivre imposent des étapes. Néanmoins, nous ne pourrons pas traîner encore plusieurs mois, alors que nous ne disposons toujours pas d'un projet de texte à étudier !

Un Statut est un instrument de gestion et celui de 2007 a montré ses limites, ses failles, ses incohérences. Un Statut A+, ce n'est donc pas une sucrerie qui n'aurait plus de goût après avoir été avalée, selon une expression dont je laisse à ceux qui s'en réclament, la responsabilité.

Nous attendons aujourd'hui même des réponses précises sur les échéances et bien évidemment, la présentation d'un texte statutaire auquel nous souhaitons être étroitement associés avant la fin de l'année.

 

 

Pour le Bureau National,
Le Secrétaire Général,
Jimmy DELLISTE

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