CAP des DSP du 6 décembre 2016 - Déclaration liminaire

Monsieur le président,
    Mesdames, messieurs,


    Comme vous avez déjà dû le constater depuis septembre, la Pénitentiaire n'est pas une administration banale. Elle est singulière à plus d'un titre. Elle est le théâtre d'une actualité toujours soutenue et sait faire face aux situations les plus inattendues avec engagement et conviction.

    Si ses personnels ne sont pas toujours des virtuoses de la littérature, il suffit de constater leur implication au quotidien pour reconnaître qu'ils méritent notre respect. Ce respect nous en convenons, ne peut toutefois pas trouver racine dans l'outrance et la vindicte trop souvent lancées contre les cadres supérieurs de notre institution. Ils font au mieux et donnent le meilleur d'eux-même, pour digérer les injonctions contradictoires de leur tutelle et composer avec les représentants d'un dialogue social local exacerbé et souvent faussé par un contexte toujours défavorable aux bonnes intentions.

    L'Histoire étant le reflet des événements ou entreprises passés, parfois empreints d'audace ou à défaut de manque de courage, les postures entretenues par les uns et les autres ne sont que  la traduction de l'incapacité politique à relever le niveau et tirer vers le haut cette administration pourtant indispensable à toute démocratie.

    Il suffit de voir les difficultés actuelles pour convaincre les postulants aux concours de surveillant pénitentiaire, pour s'apercevoir qu'il ne s'agit pas juste ici de donner un job, un travail aux chômeurs de ce pays, mais bien de leur donner envie de devenir des agents d'état en charge d'une véritable mission régalienne et de sûreté, qui doit être reconnue comme telle.

    Vous l'aurez compris monsieur le président, la Pénitentiaire n'est pas une institution que l'on dirige à la légère tant les enjeux sont forts. Si le contexte politique actuel ne facilite rien, il oblige à encore plus de discernement et de prudence.

    Les directrices et directeurs des services pénitentiaires sont en  ce qui les concerne les garants de la stabilité institutionnelle. Ils sont les serviteurs de l’institution et leur engagement n'a plus à être démontré. Ils attendent de leur chef en retour un soutien et une écoute indéfectible.

    
    En livrant au politique la tête du chef d'établissement de Valence à la suite des derniers incidents de la semaine dernière, le directeur de l'administration pénitentiaire actuel n’offre pas, à ses serviteurs du moment, la bienveillance et la protection institutionnelle qui devrait être la leur.

    L'intervention d'un parlementaire, fusse-t-elle sénatoriale, ne peut et ne doit être le prétexte suffisant à ce type de décision qui laisse des traces dans toute la profession.

    « Une mutinerie dans un quartier maison centrale,  c'est exceptionnel » a dit le ministre de la Justice. Avons-nous fait preuve du courage politique qui s'imposait en expliquant à notre ministre les raisons de ce côté exceptionnel ?  « Diriger un établissement pénitentiaire c'est une responsabilité. J'ai demandé au directeur de l'administration pénitentiaire de tirer les leçons du rapport de l'inspection et de me proposer des mesures aussi évidentes que logiques » continuait le ministre.

    En guise de mesures évidentes et logiques, la tête du chef d'établissement du CP de valence était offerte. Les représentants du personnel que nous sommes attendent monsieur le président, que le directeur de l'administration pénitentiaire nous expose les leçons tirées de ce rapport d'inspection.  Ils attendent également que leur soient présentées les mesures conservatoires logiques et évidentes que n'aurait pas mises en pratique notre collègue.

    Il n'existe aujourd'hui aucune concordance entre les régimes des différentes MC ou QMC. Vos chefs d'établissement s'adaptent, ils improvisent au mieux de leur perception de ce qui est ou doit être admis pour l'équilibre de leur détention sécuritaire. Ce qui est interdit ici est autorisé la-bas. Ce qui ne l'est pas est toléré ailleurs. Voilà monsieur le directeur comment vos établissements pénitentiaires sécuritaires sont administrés aujourd'hui encore, par la force des choses et les incohérences du système.

    Si nous nous réjouissons de la renaissance d'une sous-direction de la sécurité pénitentiaire, nous regrettons que cette création, réclamée par FO-Direction depuis le démentellement orchestré d'EMS, doit aujourd'hui se faire au pas de course, préfigurant des décisions hâtives et des nominations d'initiés. Il est toujours surprenant de constater que les vocations d'il y a quelques jours  se retrouvent rapidement reléguées au second rang aujourd'hui. Les signaux envoyés dans le cadre des nominations de DSP n'en demeurent pas moins des messages envoyés à l'ensemble du corps. La neutralité s'impose.

    De CAP en CAP, nous n'avons de cesse de constater les difficultés de RH5 à pouvoir remplir sa mission auprès des représentants du personnel. Malgré des calendriers pourtant fixés de longue date, nous nous retrouvons toujours dans l'impossibilité de disposer de l'ensemble des documents nécessaires à la préparation des CAP. Sans méconnaître les efforts du service gestionnaire, cette situation n'a que trop duré. La CAP n'est pas une simple formalité. Elle doit demeurer un espace de concertation, d'échange et parfois même de résignation bilatérale. Il en est de même pour les réunions de préparation des CAP. Ces temps de préparation ne peuvent être réduits qu'au simple recueil de l'avis des représentants du personnels, ou l'on note les éventuelles questions et n'apporte aucune réponse. Une CAP bien préparée est une CAP facilitée dans ses échanges et ses orientations. Sans minimiser l'engagement du chef de bureau RH5, la présence du Sous-directeur RH, voire du DAP adjoint, reste le niveau adapté au pilotage de ces préparations de CAP.


    Le 09 décembre 2016 après-midi, le CTM se réunira pour examiner en seconde convocation les projets de décret concernant la réforme statutaire des DSP. Nous ne reviendrons pas ici sur les éléments déjà longuement évoqués sur le sujet et les passions qu'il peut susciter, par méconnaissance ou spéculation.

    Les officiers pénitentiaires tentent depuis quelques jours de se rappeler au souvenir du ministre de la Justice. Nous ne jouerions pas totalement notre rôle d'élu si nous n'attirions pas votre attention sur leur quête légitime de reconnaissance institutionnelle. Ils sont les juges de paix de nos détentions et restent le corps d'approvisionnement naturel de notre filière. Nous souhaitons qu'ils puissent trouver satisfaction.  

   
        
    FO-DIRECTION

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