Revue de presse

Interview de Sébastien NICOLAS par Paule GONZALES - LE FIGARO

Nicole Belloubet peine à convaincre des bienfaits de sa loi sur la surpopulation carcérale

Par Paule Gonzalès  Mis à jour le 26/09/2018 à 10h38 | Publié le 26/09/2018 à 10h09

 

La garde des Sceaux affirme devant les sénateurs ne pas avoir abandonné son plan de 15.000 places de prison.

Le plan prison de Nicole Belloubet ne passe pas. La garde des Sceaux auditionnée au Sénat mardi soir a dû le défendre pied à pied, face à une commission des Lois majoritairement hostile à l'exception notable de Pierre Sueur, sénateur socialiste. Philippe Bas, le président de la commission des Lois lui a rappelé que le compte n'y était pas en matière de places de prison promises lors de la campagne présidentielle par Emmanuel Macron. «De 15.000 places de prison, nous sommes passés à 7000. Le plan du président de la République ne sera pas exécuté mais nous sommes tout à fait disposés à écouter celui de Madame Belloubet», a-t-il lancé à la ministre de la justice, un peu mal à l'aise. «Nous ne renonçons à rien, nous construirons 7000 places de prison dans le quinquennat. Mais vous savez que construire un établissement demande 6 à 7 ans et qu'il n'est pas simple de trouver des terrains. Nous avons bien l'intention de lancer un plan complémentaire de 8000 places pour après 2022», a-t-elle insisté en s'appuyant par ailleurs sur son étude d'impact.

Cette dernière affirme que la réforme des peines envisagée par la prochaine loi sur la justice permettra d'alléger la surpopulation carcérale de 8000 détenus grâce au recours massif au bracelet électronique, à la semi-liberté et au placement extérieur. Selon les tableaux de l'étude d'impact, le recours à ces modes alternatifs à l'incarcération pour les peines comprises entre un et six mois qui ne doivent plus faire l'objet d'incarcération permettrait d'emblée de faire baisser le nombre de détenus de 6235 détenus. De même, l'étude d'impact prévoit que l'aménagement systématique des peines inférieures à un an et supérieures à 6 mois ferait baisser la surpopulation carcérale de 1800 détenus. La disparition pure et simple des peines de moins d'un moins se traduirait par 300 détenus en moins. Epsilon au regard d'une population carcérale qui passe la barre aujourd'hui des 70.000 détenus.

Depuis sa publication, les syndicats pénitentiaires passent cette étude d'impact au scanner de la pratique judiciaire et de la réalité du terrain.

Le syndicat FO direction pénitentiaire est bien plus prudent que les services d'études de la chancellerie.

 

Son Secrétaire Général, Sébastien Nicolas, affirme que « le postulat de l'augmentation du recours à la semi-liberté pourrait être crédible car cette mesure intermédiaire dedans/dehors a plutôt bonne presse chez les magistrats. Mais encore faut-il disposer de suffisamment de places. Or, au 1er août 2018, nous comptons 1675 détenus en semi-liberté, ce qui correspond à une densité carcérale de 70%. Autrement dit, le nombre de places aujourd'hui sur le territoire national n'est que de 2400 places environ en semi-liberté. Sans construction supplémentaire, cela signifie que notre marge de manœuvre n'est que de 725 places et non de 1559 ».

À cela s'ajoute la pratique judiciaire. Actuellement, les magistrats répugnent à recourir à la semi-liberté et au placement extérieur. « D'une année sur l'autre, ces deux peines sont en net recul respectivement de 6,5% et 7,8% dans la pratique des magistrats », rappelle Sébastien Nicolas qui s'appuie sur les chiffres de l'Administration Pénitentiaire. Autrement dit, rien ne permet de penser que pour les peines entre un et six mois, les magistrats recourront à ces solutions alternatives. Quant à l'aménagement les peines comprises entre 6 et 12 mois, il estime que les effets seront largement compens és par les abaissements de seuil qui vont obliger à incarcérer automatiquement pour les peines comprises entre un et deux ans d'emprisonnement. En tout, la Chancelleri  e table sur environ 2000 détenus en plus. «Je ne vois donc pas vraiment comment on fait baisser la population carcérale de 8000 détenus», conclut-il. Seule option réaliste le recours massif au bracelet électronique chaque année en nette augmentation. Encore faudra-t-il se convaincre que son contrôle est réellement effica

Interview de Sébastien NICOLAS par Marie HURET, magazine Marianne du 6 au 12 juillet 2018

 

 

SG"En maison d'arrêt, de grands criminels peuvent s'évader assez facilement" par Sébastien NICOLAS, Secrétaire Général FO-DIRECTION

Interview de Sébastien NICOLAS, Secrétaire Général FORCE OUVRIERE DIRECTION, Publiée sur le magazine MARIANNE hebdomadaire du 6 au 12 juillet - Propos recueillis par Marie HURET

Marianne : Rédoine FAÏD s'est déjà évadé avec des explosifs et une prise d'otages en 2013, de la prison de Sequedin. Comment a-t-il pu se faire la belle une nouvelle fois, de manière aussi spectaculaire ?

Sébastien NICOLAS : Sans doute n'était-il pas incarcéré au bon endroit. Rédoine FAÏD n'aurait pas pu s'évader en hélicoptère des maisons centrales de Saint-Maur (Indre) ou de Lannemezan (Hautes-Pyrénées), des établissements hautement sécuritaires avec un personnel aguerri pour la prise en charge de ce type de public. C'est un professionnel du crime. Il en a fait son mode de vie. Ces profils doivent être gérés de manière particulière. L'évasion du Centre Pénitentiaire de Réau montre à quel point les critères d'affectation en prison sont obsolètes.

Il faut privilégier la dangerosité pénitentiaire et utiliser le parc immobilier en fonction de ce critère-là. Alors qu'aujourd'hui, on s'attache, en conformité avec les textes en vigueur, à la catégorie pénale (prévenu ou condamné), la proximité avec la juridiction chargée du dossier et le maintien des liens familiaux. Vous pouvez retrouver en maison d'arrêt des profils de grands criminels qui peuvent s'évader assez facilement.

La sécurité maximale peut-elle être assurée dans des prisons surpeuplées ?

Précisons d'abord que ce scénario spectaculaire est relativement rare. Pour une évasion réussie, mettant en scène organisation et violence, l'Administration Pénitentiaire déjoue de nombreux projets. Mais le risque zéro n'existe pas. L'imagination et l'adaptation des détenus nous font découvrir des failles auxquelles nous n'avions pas pensé...

Les directeurs de prison sont confrontés à la même problématique depuis des années : faire le maximum avec une population pénale de plus en plus nombreuse et des surveillants de moins en moins nombreux. Quand vous arrivez le matin, vous devez parfois pourvoir une trentaine de postes avec une vingtaine d'agents... Un surveillant gère entre 80 et 100 individus.  Au lieu de prendre le temps d'observer les détenus , il court, ouvre et ferme des portes. Plusieurs jours d'affilée, jusqu'à douze heures par jour... Le personnel est épuisé. Nous fonctionnons régulièrement en mode dégradé. Nous faisons remonter en permanence nos difficultés, mais nous sommes écoutés, notamment par le politique, d'une oreille distraite.

Prison : un lieu de radicalisation ? Interventions de FO Direction

A la suite des attentas perpétrés en janvier 2015, FO-Direction a pu participer au débat citoyen en intervenant :

  • Sur la Nouvelle Edition de Canal+
  • Sur Sud Radio
  • Sur BFM

Intervention de Jimmy DELLISTE sur Canal+

Article Acteurs Publics du 29/05/13 : Les directeurs veulent une revalorisation de leur statut

Source : Acteurs Publics

Une trentaine de directeurs de prison ont manifesté devant le ministère de la Justice, le 28 mai, pour dénoncer un manque de reconnaissance et demander une revalorisation de leurs conditions de travail.

Une trentaine de directeurs de prison et de services pénitentiaires se sont rassemblés près du ministère de la Justice, mardi 28 mai, pour dénoncer leurs conditions de travail et la surpopulation des prisons françaises. “Les conditions de gestion de nos établissements deviennent de plus en plus compliquées”, s’est alarmé Jimmy Delliste, secrétaire général du syndicat FO Direction, qui avait appelé à la manifestation et a rassemblé une poignée de chefs d’établissement en uniforme à quelques pas de la place Vendôme, dans le 1er arrondissement de Paris.

Une délégation a été reçue à la Chancellerie. “On nous a annoncé la présentation, sous quinze jours, d’un plan de sécurité dans les prisons et celle, en juillet au Conseil des ministres, du projet de loi de politique pénale sur la prévention de la récidive”, a indiqué Jimmy Delliste à l’issue de cette rencontre. Ce projet de loi doit permettre de rompre avec le “tout carcéral”, mettant en œuvre les propositions de la “conférence de consensus” organisée en février dernier avec le monde de la justice par la Chancellerie, avait annoncé la ministre de la Justice, Christiane Taubira.

Nouveau record d’incarcérations

Dans l’attente de ce texte, une circulaire diffusée en septembre dernier par Christiane Taubira afin d’inciter les magistrats à davantage d’alternatives à l’incarcération n’a “pas porté ses fruits”, à en croire Jimmy Delliste. “On voit toujours arriver des condamnés pour exécuter des peines de quinze jours ou trois semaines”, note Bernard Lévy, de la direction interrégionale des services pénitentiaires de la région Paca-Corse. Le nombre de détenus a battu début mai un nouveau record avec 67 839 personnes incarcérées, soit un taux d’occupation de 118,5 %.

La manifestation des directeurs de prison, fait très rare dans un corps soumis au droit de réserve, témoigne aussi d’un sentiment de “manque de reconnaissance”, selon André Fostier, directeur de la maison d’arrêt de Villefranche-sur-Saône (Rhône), voire de “solitude”, selon Valérie Mousseef, directrice adjointe du centre pénitentiaire du Pontet (Vaucluse). “Par exemple, nous n’avons aucune directive de notre ministère concernant la pratique des fouilles à nu systématiques que la loi pénitentiaire de 2009 a voulu supprimer sans nous donner les moyens de compenser cette mesure de sécurité”, a expliqué Valérie Mousseeff. “On laisse les directeurs se dépatouiller avec cette question des fouilles, sans leur fixer de cap”, a déploré Jimmy Delliste.

Des établissements condamnés

Plusieurs établissements ont été condamnés par la justice administrative ces derniers mois pour avoir continué à pratiquer ces fouilles, à la sortie des parloirs notamment. “Comment offrir des activités, du travail aux personnes incarcérées dans ces conditions ?” a demandé Bernard Lévy, selon lequel “1 000 détenus” dorment sur des matelas dans les prisons françaises, dont certaines sont “en cessation de paiement”.

Ces directeurs notent aussi une hausse du nombre d’actes de violence et de problèmes psychiatriques parmi les personnes incarcérées. “Si on ne prend pas un tournant radical de politique pénale pour moins incarcérer, alors il faut construire davantage de prisons”, a averti Jimmy Delliste. Le gouvernement a revu à la baisse les projets de construction de prisons de la précédente majorité, affirmant qu’ils n’étaient pas financés.

Dans ces conditions, les directeurs vivent d’autant plus mal les contraintes de leur statut (astreintes, logement, absence de droit de grève), dont ils demandent la revalorisation. Depuis plusieurs années, ce corps subit une véritable hémorragie : Valérie Mousseeff, qui affiche dix ans d’ancienneté, estime que “la moitié de (sa) promotion” de l’École nationale d’administration pénitentiaire exerce aujourd’hui d’autres fonctions.

Article Le Nouvel Observateur du 28/05/13 : Ras-le-bol des directeurs de prison : "On ne gère que l'urgence"

Source : Le Nouvel Observateur - Journaliste Céline Rastello

Une trentaine de directeurs de prisons se sont rassemblés mardi près du ministère de la Justice pour dénoncer la surpopulation carcérale et leurs conditions de travail. Reportage.

Mots-clés : sécurité, manifestation, prison, surpopulation carcérale, Christiane Taubira, ministère de la Justice, incarcération, directeur de prison

Mobilisation des directeurs de prison place Vendôme 2013
Manifestation de directeurs de prison près du ministère de la Justice. (C.R. Le Nouvel Observateur)

"Qui sont tous ces petits chapeaux ?", interpelle une passante, peinant à se frayer un chemin entre les manifestants, les journalistes et les parapluies. Mardi 28 mai, à l'heure du déjeuner, une trentaine de directeurs de prison, certains en uniformes, d'autres non, ont répondu présents à l'appel du syndicat national pénitentiaire FO direction. Ils se massent tant bien que mal sur le trottoir d'une boutique chic à l'angle de la rue Danièle Casanova et de la rue de la Paix, dans le 1er arrondissement de Paris, à quelques pas du bureau de la garde des Sceaux. "On aurait préféré manifester devant le ministère, mais on fait avec ce qu'on a", lâche un manifestant un brin dépité. Ceux qui ne s'expriment pas si souvent sont réunis pour exprimer leur "profond malaise", confie Sophie Bondil, du centre pénitentiaire de Toulon-La Farlède, également secrétaire nationale du SNP FO direction.

Une des tâches matinales d'un directeur : calculer le nombre "d'entrants"

Vêtue de son uniforme : tailleur sombre et chapeau, Sophie Bondil déplore "l'absence d'échos et de réponses" de la garde des Sceaux et de l'administration pénitentiaire. Et ce malgré une "situation particulièrement préoccupante." Au premier rang des difficultés rencontrées : le "taux record" d'occupation des prisons, et ses conséquences : hausse des incidents entre détenus et à l'égard du personnel, mauvaise conditions de détention, "incapacité" d'une prise en charge "adaptée" des détenus. Alors que la surpopulation carcérale a atteint début mai un nouveau record historique avec 67.839 personnes incarcérées, l'adjointe à la direction Sophie Bondil rapporte une des premières tâches matinales d'un responsable d'établissement : calculer le nombre de détenus entrants pour gérer au mieux "l'impact" sur la prison, et le nombre de matelas supplémentaires nécessaires. "On gère l'urgence, on gère des flux", se désole-t-elle. "La circulaire Taubira (comportant notamment des consignes favorisant les aménagements de peines et les voies alternatives) n'a pas l'effet escompté."

S'abritant sous le parapluie de sa collègue du Vaucluse, Sophie Bondil regrette aussi "qu'aucune réflexion" ne soit pour l'instant réellement menée, selon elle, sur "le temps de la détention". A ses côtés, de larges lunettes claires sur le nez, Corinne Puglierini, de la prison d'Aiton (Savoie), acquiesce. Elle insiste elle aussi sur "les 56.000 places de prison pour quelques 68.000 détenus." Et dénonce le "frein" du ministère quant à la construction de nouvelles prisons. Sans compter "le personnel à flux tendu, et les moyens humains qui ne suivent pas." Les moyens matériels non plus, ajoute un de ses collègues, qui cite aussi le "problème" des fouilles à corps. A l'instar d'autres syndicats pénitentiaires, le SNP FO direction souhaite voir abrogé l'article 57 de la loi pénitentiaire de 2009 réglementant les fouilles à nu. Des fouilles qui, explique le trésorier du syndicat Patrick Wiart, permettent entre autres de limiter les "parachutages", ou l'introduction de certains objets en prison : "Qu'on puisse au moins en faire après les parloirs ! Sinon, qu'on nous équipe en dispositifs de sécurité adéquats".
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Les incarcérations se poursuivent. Comment faire ?"

"Quelle sera demain la politique de fonctionnement des établissements ?", questionne à son tour le secrétaire général du syndicat, Jimmy Delliste. "Nous avons 11.000 détenus en trop, il faut construire des places de prison. Le choix de la garde des Sceaux est de faire baisser l'incarcération, mais les incarcérations se poursuivent. Comment faire ?" Une consoeur du syndicat FO magistrats, Béatrice Brugère, venue "en soutien", s'agace : "On demande aux magistrats de mettre les détenus dehors et, s'ils récidivent on leur reproche de les avoir laissés dehors...". Emmanuel Poinas, secrétaire général du même syndicat la rejoint : "Plus la situation économique est difficile, plus il est compliqué de proposer et de mettre en œuvre des projets alternatifs. Avec quels moyens ?" Alors que le procès de Tony Meilhon s'est ouvert la semaine dernière à Nantes, il va plus loin : "Depuis Pornic, rien n'est réglé".

"Désarroi, malaise, inquiétude, craintes" sont autant de termes employés mardi par les responsables de prisons présents pour qualifier leur état d'esprit. "Le ras-le-bol est général" assure Bernard Lévy, de la direction interrégionale des services pénitentiaires de la région Paca-Corse. Pour celui qui est secrétaire national adjoint du syndicat, ils sont aujourd'hui "une cinquantaine" dans la rue car la colère "monte depuis un moment" et que "les réponses n'arrivent pas." Se défendant de demander "le développement du tout carcéral", il veut voir construire davantage de prisons, notamment pour permettre de "fermer des établissements trop vétustes". A ses yeux, une circulaire ne suffit pas : "On voit toujours arriver des condamnés pour exécuter de courtes peines. Si on veut un réel changement, il faut une loi".

"Il faut dire que la prison est d'utilité sociale"

Un peu plus loin sur le trottoir, Pascal Moyon, directeur en Auvergne et délégué du syndicat, prône lui aussi une réflexion sur le sens de la peine. Et une autre communication : "On entend beaucoup de négatif sur la prison, mais il faut dire qu'elle est d'utilité sociale, qu'elle se doit de protéger la société. Des personnes y vivent 24 heures/24, d'autres y travaillent. Cela doit pouvoir se faire dans de bonnes conditions." Ceux qui demandent également une revalorisation "humaine et financière" du statut de directeur de prison dénoncent par ailleurs le sentiment d'insécurité au vu des récents événements de Réau et Sequedin. "Le personnel craint que cela ne se reproduise", lâche encore Jimmy Delliste. Avec quatre membres de son syndicat, il devait être reçu par le cabinet de la ministre mardi après-midi.

Article AFP du 28 mai 2013 : Des directeurs de prison disent leur ras-le-bol sous les fenêtres de la Chancellerie

Source : AFP

28/05/2013 19h33 - JUSTICE-PRISON-SOCIAL-TRAVAIL-GOUVERNEMENT - Monde (FRS) - AFP

PARIS, 28 mai 2013 (AFP) - Une trentaine de directeurs de prison et de services pénitentiaires ont manifesté mardi près du ministère de la Justice à Paris pour dénoncer leurs conditions de travail et la surpopulation des prisons françaises, a constaté une journaliste de l'AFP.

"Les conditions de gestion de nos établissements deviennent de plus en plus compliquées", s'est alarmé Jimmy Delliste, secrétaire général du syndicat FO-Direction, qui avait appelé à la manifestation et a rassemblé une poignée de chefs d'établissement en uniforme à quelques pas de la place Vendôme, dans le Ier arrondissement de Paris.

Une délégation a été reçue à la Chancellerie. "On nous a annoncé la présentation, sous 15 jours, d'un plan de sécurité dans les prisons et celle, en juillet au conseil des ministres, du projet de loi de politique pénale sur la prévention de la récidive", a indiqué M. Delliste à l'issue de cette rencontre.

Ce projet de loi doit permettre de rompre avec le "tout carcéral", mettant en oeuvre les propositions de la "conférence de consensus" organisée en février dernier avec le monde de la justice par la Chancellerie, avait annoncé la ministre de la Justice, Christiane Taubira.

Dans l'attente de ce texte, une circulaire diffusée en septembre dernier par Mme Taubira afin d'inciter les magistrats à davantage d'alternatives à l'incarcération n'a "pas porté ses fruits", selon M. Delliste.

"On voit toujours arriver des condamnés pour exécuter des peines de 15 jours ou trois semaines", note Bernard Lévy, de la direction interrégionale des services pénitentiaires de la région Paca-Corse. Le nombre de détenus a battu début mai un nouveau record avec 67.839 personnes incarcérées, soit un taux d'occupation de 118,5%.

La manifestation des directeurs de prison, très rare dans un corps soumis au droit de réserve, témoigne aussi d'un sentiment de "manque de reconnaissance", selon André Fostier, directeur de la maison d'arrêt de Villefranche-sur-Saône (Rhône), voire de "solitude", selon Valérie Mousseef, adjointe du centre pénitentiaire du Pontet (Vaucluse).

"Par exemple, nous n'avons aucune directive de notre ministère concernant la pratique des fouilles à nu systématiques que la loi pénitentiaire de 2009 a voulu supprimer sans nous donner les moyens de compenser cette mesure de sécurité", a expliqué Mme Mousseeff.

"On laisse les directeurs se dépatouiller avec cette question des fouilles, sans leur fixer de cap", a déploré M. Delliste. Plusieurs établissements ont été condamnés par la justice administrative ces derniers mois pour avoir continué à pratiquer ces fouilles, à la sortie des parloirs notamment.

"Comment offrir des activités, du travail aux personnes incarcérées dans ces conditions?" a demandé M. Lévy, selon lequel "1.000 détenus" dorment sur des matelas dans les prisons françaises, dont certaines sont "en cessation de paiement".

Ces directeurs notent aussi une hausse du nombre d'actes de violence et de problèmes psychiatriques parmi les personnes incarcérées.

"Si on ne prend pas un tournant radical de politique pénale pour moins incarcérer, alors il faut construire davantage de prisons", a averti M. Delliste. Le gouvernement a revu à la baisse les projets de construction de prison de la précédente majorité, affirmant qu'ils n'étaient pas financés.

Dans ces conditions, les directeurs vivent d'autant plus mal les contraintes de leur statut (astreintes, logement, absence de droit de grève), dont ils demandent la revalorisation. Depuis plusieurs années, ce corps subit une véritable hémorragie: Valérie Mousseeff, dix ans d'ancienneté, estime que "la moitié de (sa) promotion" de l'Ecole nationale d'administration pénitentiaire exerce aujourd'hui d'autres fonctions.

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Mobilisation des directeurs de prison du 28/05/13 - Revue de Presse

Revue de Presse : Mobilisation des directeurs de prison du 28 mai 2013

 

Revue de Presse

L'action des directeurs des services pénitentiaires mobilisés le 28 mai 2013 perçue par la presse :

Presse écrite et articles internet :

Radio :

Presse audiovisuelle :

 

 

Article Le Monde 28/05/13 : Des directeurs de prison manifestent leur ras-le-bol

Source : Le Monde

L'inquiétude grandit dans les prisons. Signe du malaise : une trentaine de directeurs de prison et de services pénitentiaires ont manifesté, mardi 28 mai, près du ministère de la justice à Paris. Une manifestation – événement rare dans un corps soumis au droit de réserve – pour dénoncer leurs conditions de travail et la surpopulation des prisons françaises.

"Les conditions de gestion de nos établissements deviennent de plus en plus compliquées", s'est alarmé Jimmy Delliste, secrétaire général du syndicat FO-Direction, qui avait appelé à la manifestation et a rassemblé une poignée de chefs d'établissement en uniforme à quelques pas de la place Vendôme, dans le 1er arrondissement de Paris.
Une délégation a été reçue à la chancellerie. "On nous a annoncé la présentation, sous quinze jours, d'un plan de sécurité dans les prisons et celle, en juillet au conseil des ministres, du projet de loi de politique pénale sur la prévention de la récidive", a indiqué M. Delliste à l'issue de cette rencontre.

Avec 1 769 détenus pour 1 190 places au 1er octobre le taux de surpopulation de la prison des Baumettes est de 145,8 %.

"MANQUE DE RECONNAISSANCE"

Ce projet de loi doit permettre de rompre avec le "tout carcéral", mettant en œuvre les propositions de la "conférence de consensus" organisée en février dernier avec le monde de la justice par la chancellerie, avait annoncé la ministre de la justice, Christiane Taubira.

Dans l'attente de ce texte, une circulaire diffusée en septembre dernier par Mme Taubira afin d'inciter les magistrats à davantage d'alternatives à l'incarcération n'a "pas porté ses fruits", selon M. Delliste. "On voit toujours arriver des condamnés pour exécuter des peines de quinze jours ou trois semaines", note Bernard Lévy, de la direction interrégionale des services pénitentiaires de la région PACA-Corse. Le nombre de détenus a battu début mai un nouveau record avec 67 839 personnes incarcérées, soit un taux d'occupation de 118,5 %.

La manifestation des directeurs de prison témoigne aussi d'un sentiment de "manque de reconnaissance", selon André Fostier, directeur de la maison d'arrêt de Villefranche-sur-Saône (Rhône), voire de "solitude", selon Valérie Mousseeff, adjointe du centre pénitentiaire du Pontet (Vaucluse).

"Par exemple, nous n'avons aucune directive de notre ministère concernant la pratique des fouilles à nu systématiques que la loi pénitentiaire de 2009 a voulu supprimer sans nous donner les moyens de compenser cette mesure de sécurité", a expliqué Mme Mousseeff.

"On laisse les directeurs se dépatouiller avec cette question des fouilles, sans leur fixer de cap", a déploré M. Delliste. Plusieurs établissements ont été condamnés par la justice administrative ces derniers mois pour avoir continué à pratiquer ces fouilles, à la sortie des parloirs notamment.

MOINS D'INCARCÉRATIONS OU PLUS DE PRISONS

"Comment offrir des activités, du travail aux personnes incarcérées dans ces conditions ?" a demandé M. Lévy, selon lequel "1 000 détenus" dorment sur des matelas dans les prisons françaises, dont certaines sont "en cessation de paiement". Ces directeurs notent aussi une hausse du nombre d'actes de violence et de problèmes psychiatriques parmi les personnes incarcérées.

"Si on ne prend pas un tournant radical de politique pénale pour moins incarcérer, alors il faut construire davantage de prisons", a averti M. Delliste. Le gouvernement a revu à la baisse les projets de construction de prison de la précédente majorité, affirmant qu'ils n'étaient pas financés.

Dans ces conditions, les directeurs vivent d'autant plus mal les contraintes de leur statut (astreintes, logement, absence de droit de grève), dont ils demandent la revalorisation. Depuis plusieurs années, ce corps subit une véritable hémorragie : Valérie Mousseeff, dix ans d'ancienneté, estime que "la moitié de [sa] promotion" de l'Ecole nationale d'administration pénitentiaire exerce aujourd'hui d'autres fonctions.

Article Libération du 28/05/13 : Des directeurs de prison manifestent devant le ministère de la Justice

Source : Libération


La trentaine de manifestants dénonce le manque de directives de la part de la Chancellerie ainsi que la surpopulation persistante des centres de détention.


Une trentaine de directeurs de prison et de services pénitentiaires ont manifesté mardi près du ministère de la Justice à Paris pour dénoncer leurs conditions de travail et la surpopulation des prisons françaises, a constaté une journaliste de l’AFP.

«Les conditions de gestion de nos établissements deviennent de plus en plus compliquées», s’est alarmé Jimmy Delliste, secrétaire général du syndicat FO-Direction, qui avait appelé à la manifestation et a rassemblé une poignée de chefs d’établissement en uniforme à quelques pas de la place Vendôme, dans le Ier arrondissement de Paris. Ce mouvement, très rare dans un corps soumis au droit de réserve, témoigne aussi du sentiment de «manque de reconnaissance», selon André Fostier, directeur de la maison d’arrêt de Villefranche-sur-Saône (Rhône), voire de «solitude» des directeurs de prison, selon Valérie Mousseef, adjointe du entre pénitentiaire du Pontet (Vaucluse).

«Par exemple, nous n’avons aucune directive de notre ministère concernant la pratique des fouilles à nu systématiques que la loi pénitentiaire de 2009 a voulu supprimer sans nous donner les moyens de compenser cette mesure de sécurité», explique Valérie Mousseeff. «On laisse les directeurs se dépatouiller avec cette question des fouilles, sans leur fixer de cap», déplore Jimmy Delliste. Plusieurs établissements ont été condamnés par la justice administrative au cours des derniers mois pour avoir continué à pratiquer ces fouilles, à la sortie des parloirs notamment.

Les griefs de directeurs de prison portent aussi sur la difficulté de gérer des établissements surpeuplés. Le nombre de détenus a battu début mai un nouveau record avec 67 839 personnes incarcérées, soit un taux d’occupation de 118,5%. La circulaire diffusée en septembre par la ministre de la Justice Christiane Taubira afin d’inciter les magistrats à davantage d’alternatives à l’incarcération n’a «pas porté ses fruits», selon Jimmy Delliste.

«Une circulaire n’a pas la force d’une loi, si on veut vraiment un changement il faut une loi. On voit toujours arriver des condamnés pour exécuter des peines de 15 jours ou trois semaines», note Bernard Lévy, de la direction interrégionale des services pénitentiaires de la région Paca-Corse.

France Info du 28/05/13 : Le ras-le-bol des directeurs de prison

Source : France Info - Journalistes ! Delphine Gotchaux, Caroline Caldier

 

Une cinquantaine de directeurs de prison ont manifesté en tenue mardi sous les fenêtres de la garde des Sceaux, à l'appel du syndicat majoritaire le SNP Force Ouvrière. Alors que Christiane Taubira mène depuis son arrivée à la chancellerie un combat contre "le tout carcéral", le nombre de détenus en France n'a jamais été aussi élevé. Près de 68.000 début mai pour 57.000 places.

L'évasion il y a quelques semaines de la prison de Sequedin de Redoine Faid a posé de façon concrète la question de la sécurité en détention. Les directeurs de prisons demandent aujourd'hui la création de 11.000 places supplémentaires et une hausse du budget de fonctionnement. Une cinquantaine de directeurs de prison ont manifesté en tenue mardi sous les fenêtres de la garde des Sceaux, à l'appel du syndicat majoritaire le SNP Force Ouvrière.

La Chancellerie rappelle elle que les crédits affectés à l'administration pénitentiaire en 2013 ont augmenté de 6%.

Les fouilles en prison : une question urgente à régler pour les syndicats

Depuis qu'elle est ministre de la Justice, Christiane Taubira prône l'alternative à l'incarcération, le nombre de détenus en France n'a jamais été aussi élevé. Près de 68.000 début mai pour 57.000 places. En septembre dernier, elle a même diffusé une circulaire dans les juridictions françaises pour demander en substance aux magistrats de tenir compte de la surpopulation carcérale. Mais, selon le syndicat pénitentiaire FO, cette circulaire serait restée quasi lettre morte.

Plusieurs raisons expliquent cette situation. Les juges d'application des peines chargés d'étudier le suivi des condamnés sont débordés. Les peines plancher dont Christiane Taubira a promis la suppression existent toujours et sont donc appliquées. Quant au nombre d'incarcérations, il a augmenté au rythme des faits de délinquance. Selon l'observatoire national de la délinquance, le nombre de violences aux personnes a fortement augmenté en un an.

Article Le Nouvel Observateur du 28/05/13 : Prison : les directeurs dénoncent un "malaise profond"

Source : Le Nouvel Observateur

Le syndicat FO les appelle à se rassembler devant le ministère de la Justice ce mardi. Le nombre de détenus a atteint un nouveau record historique en mai.
Mots-clés : Justice, manifestation, prison, Syndicat, Ministère, rassemblement, surpopulation carcérale, Force ouvrière, directeurs

Dans leur viseur, Taubira. Les directeurs de prison sont invités à se rassembler en tenue, à l'appel du syndicat FO, devant le ministère de la Justice place Vendôme à Paris, ce mardi 28 mai, pour manifester "le malaise profond de leur corps et de leur institution". "Les conditions de détention dans les maisons d'arrêt ne cessent de se heurter à la surpopulation carcérale et nous éloignent des exigences de l'Etat de droit", avait souligné le syndicat à l'occasion de la publication des chiffres du nombre de détenus français, le 24 mai.

Celui-ci a atteint un nouveau record historique le 1er mai, avec 67.839 personnes incarcérées, selon l'Administration pénitentiaire. Un record, au-delà du précédent sommet en décembre 2012, qui était de 67.674 détenus.

Un constat qui intervient malgré la volonté affichée de la gauche, au pouvoir depuis un an, de rompre avec la politique du "tout carcéral" de l'époque Sarkozy. Les consignes transmises en septembre aux parquets par la ministre de la Justice Christiane Taubira, qui demande de favoriser les aménagements de peine et les voies alternatives à la prison, n'ont pas suffi à renverser la tendance à la hausse de la population carcérale.



Article Europe 1 du 28/05/13 : Directeurs de prison : "un ras-le-bol profond"

Source : Europe1 - Journaliste : CB et Chloé Triomphe

 

Les directeurs de prison se rassemblement mardi place Vendôme pour exprimer leur "malaise".

C'est une manifestation plutôt rare. Des directeurs de prison se retrouvent mardi, à 12h30, place Vendôme, non loin du ministère de la Justice, pour exprimer le "malaise profond" au sein de leur profession.

"Le sentiment de ne pas être pris au sérieux". A l'appel du syndicat national pénitentiaire Force Ouvrière, les directeurs des services pénitentiaires entendent en effet exprimer leur colère concernant les conditions de travail de plus en plus dégradées qui leur sont imposées. "Les directeurs de prison ont peu l'occasion de se rassembler de cette façon là, place Vendôme. C'est un petit peu un ras le bol qui se fait jour, parce qu'on a vraiment le sentiment aujourd'hui de ne pas être entendus, peut-être même de ne pas être pris au sérieux", constate Jimmy Delliste, secrétaire général du syndicat national pénitentiaire FO direction, interrogé par Europe 1.

"Manque de considération politique". Le syndicaliste dénonce notamment le manque de reconnaissance, de la part à la fois des citoyens, mais aussi des politiques. "Je pense que le citoyen lambda n'a pas forcément une réelle conception de ce qu'il se passe dans les établissements français et je pense que l'on souffre un peu de ça. Et le manque de considération politique qui est parfois donné à l'endroit des directeurs d'établissement pénitentiaire est aussi le reflet de ça. On a un peu l'impression qu'il faut cacher les établissements pénitentiaires, qu'il faut cacher ces prisons. On n'a pas le sentiment qu'un Etat de droit, comme est la France, ne puisse se passer des établissements pénitentiaires", commente-t-il au micro d'Europe 1.

"Nous donner les moyens". Le secrétaire général du syndicat national pénitentiaire FO direction dénonce également le manque de moyens accordés aux administrations pénitentiaires. Le budget de fonctionnement est en baisse d'un quart sur l'année 2012, selon le syndicat. "Encore faut-il leur donner les moyens de fonctionner. On est les premiers à demander à ce que les conditions de détention soient les plus dignes possibles. Il suffit simplement de nous donner les moyens pour cela. Qu'on travaille sur la prévention de la récidive, mais qu'on puisse aussi déployer à minima des moyens et des procédures de sécurité qui soient adaptées à nos difficultés", réclame Jimmy Delliste.

Selon le syndicat FO, ce manque de moyen pour améliorer les conditions d'incarcération engendre des tensions toujours plus vives en détention et ne résout rien au problème de surpopulation constante. Au mois de mai, les chiffres ont en effet atteint un record de taux de surpopulation carcérale à 118% en 2013.

Article Le Parisien du 28/05/13 : Prisons : les directeurs manifestent devant le ministère de la Justice

Source : Le Parisien

Un mouvement très rare. Une trentaine de directeurs de prison et de services pénitentiaires ont manifesté ce mardi, place Vendôme (Paris Ier), près du ministère de la Justice. Ils dénoncent leurs conditions de travail et la surpopulation des prisons françaises, qui a battu un nouveau record avec 67 839 détenus début mai.

Les directeurs d'établissements manifestent peu car ils sont soumis au droit de réserve. Mais «les conditions de gestion de nos établissements deviennent de plus en plus compliquées» s'est alarmé Jimmy Delliste, secrétaire général du syndicat FO-Direction, à l'initiative de cette manifestation. Le taux d'occupation des prisons atteignait en effet 118,5% de leur «capacité opérationnelle» au 1er mai.

«C'est un petit peu un ras le bol qui se fait jour, parce qu'on a vraiment le sentiment aujourd'hui de ne pas être entendus, peut-être même de ne pas être pris au sérieux», s'est ainsi exprimé le syndicaliste au micro d'Europe1. Un avis partagé par d'autres chefs de prisons qui déplorent un «manque de reconnaissance», selon André Fostier, directeur de la maison d'arrêt de Villefranche-sur-Saône (Rhône), voire de «solitude», selon Valérie Mousseff, adjointe du centre pénitentiaire du Pontet (Vaucluse).

Des prisons condamnées pour fouilles


Les griefs portent aussi bien sur la difficulté de gérer des prisons surpeuplées que sur les fouilles des détenus, notamment. La circulaire diffusée en septembre dernier par la ministre de la Justice, Christiane Taubira, qui demande de favoriser les aménagements de peine et les voies alternatives à la prison, n'ont pas suffi à renverser la tendance. Cela n'a «pas porté ses fruits» regrette Jimmy Delliste.  

De plus «nous n'avons aucune directive de notre ministère concernant la pratique des fouilles à nue systématiques que la loi pénitentiaire de 2009 a voulu supprimer sans nous donner les moyens de compenser cette mesure de sécurité», explique Valérie Mousseff. Selon elle, les directeurs doivent «se dépatouiller avec cette question des fouilles» sans qu'un cap leur soit fixé par l'exécutif. Plusieurs établissements ont ainsi été condamnés par la justice administrative au cours des derniers mois pour avoir continué à pratiquer ces fouilles, à la sortie des parloirs notamment.

Enfin, les syndicats et directeurs dénoncent également le «manque de moyens». Selon FO, le budget de fonctionnement est en baisse d'un quart sur l'année 2012. «On est les premiers à demander à ce que les conditions de détention soient les plus dignes possibles. Qu'on travaille sur la prévention de la récidive, mais qu'on puisse aussi déployer a minima des moyens et des procédures de sécurité qui soient adaptés à nos difficultés» demande le syndicat.

Article Le Figaro du 28/05/13 : Le "moins de prison" de Christiane Taubira a eu un effet sur certains délinquants

Source : Figaro - Journaliste Angélique Négroni

 

Jimmy DELLISTE

Jimmy DELLISTE en décembre 2011, lors de son installation à la maison d'arrêt de Saint-Etienne. Crédits photo : YVES SALVAT/PHOTOPQR/LE PROGRES

 

Jimmy Delliste, responsable de la maison d'arrêt de Saint-Étienne (Loire) et secrétaire général du SNP-FO-Direction, s'inquiète de cette surpopulation à l'origine de violences dans les établissements.

LE FIGARO. - Pourquoi bat-on aujourd'hui un record de surpopulation?


Jimmy DELLISTE. - La circulaire de la ministre, datant de septembre dernier, n'a pas été suivie d'effets dans les juridictions. Pourtant, la ministre avait donné des consignes claires pour que les magistrats tiennent compte de l'encombrement des prisons, avant de prendre une décision. Elle avait, par ailleurs, indiqué qu'il fallait privilégier des peines alternatives à la prison. Or, on s'aperçoit que les établissements pénitentiaires sont saturés. On compte aujourd'hui 57.000 places contre 68.000 détenus.

Quels sont les établissements concernés par cette surpopulation?

Il s'agit, pour la plupart, de maisons d'arrêt, accueillant des personnes condamnées à des courtes peines et qui, faute de places, ne peuvent rejoindre des centres de détention pour purger leur peine.

Pourquoi, selon vous, cette circulaire n'est-elle pas appliquée?

Tout simplement parce que chaque magistrat est indépendant. Il rend la loi avec un Code pénal et non avec une circulaire de politique pénale. Par ailleurs, les juges d'application des peines sont débordés et n'ont pas le temps d'examiner tous les dossiers qui leur sont soumis. Si bien qu'une personne condamnée à quatre mois de prison exécutera sa peine, avant même que le magistrat ait pu se pencher sur sa situation.

La surpopulation est-elle liée à l'augmentation de la délinquance?

La violence est montée d'un cran dans notre société et les magistrats y répondent en prononçant des peines de prison plus longues. Avec l'arrivée du nouveau gouvernement, il y a eu aussi un changement. Le «moins de prison» voulu et répété par la ministre de la Justice a eu un effet sur certains délinquants. Ils sont passés à l'acte en se disant que, l'ère «Sarkozy» étant révolue, ils ne risquaient plus rien.

Faudrait-il créer plus de places de prison?

Si on regarde les chiffres, il faudrait créer 11.000 places supplémentaires. Or le nouveau gouvernement s'est, là encore, démarqué du précédent. Sous l'ère Sarkozy, un programme de quelque 20.000 places avait été décidé. Christiane Taubira n'envisage plus que la création de 6 000 places supplémentaires. Or, la France va devoir se préoccuper des conditions d'accueil dans ses prisons. Elle a obtenu un moratoire jusqu'en novembre 2014, auprès des autorités européennes, pour offrir une cellule par détenu. Passée cette date et si elle ne respecte pas cette obligation, elle s'exposera à des poursuites et des sanctions. Des prisonniers et des associations ne manqueront pas de dénoncer les faits devant la justice européenne.

La surpopulation aggrave-t-elle la situation dans les prisons?

Elle est à l'origine de tensions et de violences accrues dans les établissements. Or pour assurer la sécurité, nos moyens sont déjà insuffisants. Les fouilles systématiques des détenus quand ils quittent le parloir sont interdites. Or on sait que le trafic s'organise notamment par ces contacts avec l'extérieur. Nous n'avons pas de réponse de la part de la Chancellerie qui connaît pourtant nos inquiétudes dans ce domaine.

Article Le Monde du 15/04/13 : Christiane Taubira assure qu'il n'y a pas eu de "faille" à l'origine de l'évasion du braqueur Redoine Faïd

Christiane Taubira assure qu'il n'y a pas eu de "faille" à l'origine de l'évasion du braqueur Redoine Faïd
LE MONDE | 15.04.2013 à 13h25 • Mis à jour le 15.04.2013 à 14h11

Christiane Taubira a écarté toute faille dans le système de détection de la prison de Lille-Sequedin, samedi 13 avril, après la spectaculaire évasion de Redoine Faïd. "On ne peut pas dire qu'il y a une faille, parce que si on le dit, c'est de la faute de qui ?, a déclaré la ministre de la justice alors que plusieurs membres de l'opposition réclamaient sa démission. C'est une vraie difficulté, il y a des choses qui entrent dans les établissements, on lutte contre cela avec tous les moyens légaux parce que nous sommes dans un Etat de droit, il y a des règles, il y a des conditions dans lesquelles on peut procéder à la surveillance et aux contrôles."

Redoine Faïd, un détenu particulièrement signalé (DPS), était cependant "en détention commune, dans un bâtiment qui ne présente pas en termes de sécurité des mesures supplémentaires, a expliqué Etienne Dobremetz, le représentant régional de l'UFAP-UNSA Justice. Il faut qu'on nous donne les moyens une bonne fois pour toutes de gérer ce genre d'individu". De la drogue, des portables et des armes blanches sont régulièrement trouvés par les surveillants. La CGT pénitentiaire a rappelé que les syndicats avaient réclamé à plusieurs reprises une fouille généralisée, qui n'a jamais eu lieu depuis l'ouverture de l'établissement, le 4 avril 2005. "Quand une prison est défaillante, ce sont les personnels pénitentiaires qui sont mis en danger", a protesté Nicolas Caron, le délégué régional FO-pénitentiaire. "L'événement que nous venons de vivre est tellement grave qu'il est logique que les représentants syndicaux soient inquiets, a convenu Christiane Taubira, et même qu'ils soient furieux."
La ministre a reconnu qu'un drame avait été évité de justesse. Samedi vers 8 h 30, Redoine Faïd, un braqueur de 40 ans, devait rencontrer son frère au parloir, mais dès qu'on est venu le chercher, il a sorti une arme de poing, pris en otage quatre surveillants et fait sauter à l'explosif les cinq portes de l'établissement, avant de prendre la fuite dans la voiture d'un complice. Les otages, sains et saufs, ont été vite relâchés, la voiture retrouvée brûlée, un mandat d'arrêt européen a été diffusé, compte tenu de la proximité de la prison avec la Belgique.

"CHRONIQUE D'UN DRAME ANNONCÉ"


Pour le Syndicat national pénitentiaire FO-direction, l'évasion de Lille-Sequedin, même si c'est la première, est "la chronique d'un drame annoncé". Les directeurs rappellent qu'ils réclamaient "il y a moins d'un mois" au renforcement "du bureau EMS 3 en charge du renseignement pénitentiaire". Ce service très discret, créé il y a dix ans, a pour objectif "le suivi des profils des détenus les plus lourds". FO-direction souhaite lui accorder plus de moyens et qu'il soit présent dans tous les établissements.

Le syndicat des directeurs insiste aussi sur "l'impérieuse nécessité de disposer des moyens humains et techniques renforcés". Il s'agit d'abord du problème des fouilles. Les fouilles des détenus sont autorisées, mais pas les fouilles systématiques, avant et après chaque parloir, qui sont théoriquement proscrites depuis la loi pénitentiaire de 2009. Les juges administratifs - et le Conseil d'Etat - ont estimé que ces fouilles corporelles systématiques étaient assimilables à des traitements inhumains et dégradants. Un détenu qui avait ainsi trois parloirs dans une journée était fouillé six fois, à nu, et parfois devant plusieurs personnes.


L'administration pénitentiaire entend remplacer ces fouilles par des portiques de détection. Deux d'entre eux seulement ont été installés en détention, et le dispositif coûte cher. Les parloirs ne sont d'ailleurs pas le seul moyen de faire entrer des objets en prison, d'autant que c'est le plus surveillé. "Il y a un certain nombre d'éléments que nous devons garder relativement discrets", a indiqué Alain Jégo, le directeur interrégional de Lille des services pénitentiaires.

Redoine Faïd avait minutieusement préparé son évasion, il a nécessairement bénéficié de complicité à l'extérieur de l'établissement. L'enquête devra déterminer s'il avait aussi des complicités à l'intérieur.

CNN - 14 avril 2013 - Manhunt for French gangster who used gun, explosives to escape prison

By Pierre Meilhan and Greg Botelho, CNN
April 14, 2013 -- Updated 0238 GMT (1038 HKT)

Source: CNN


(CNN) -- Redoine Faid fashioned himself as a modern-day gangster. He thought big -- getting inspiration from the movies, as when he wore a hockey mask like Robert DeNiro's character in "Heat" -- and acted audaciously, attacking armored trucks among other targets.

After more than a decade in prison, though, the Frenchman insisted he'd sworn off his wicked ways.

This promise didn't last for long, according to French authorities. In 2011, a year after his autobiography came out, Faid landed back behind bars.

Now, he is once again free -- and, once again, the subject of an international manhunt after his brazen escape from prison.

Faid held five people, including four guards, at gunpoint at a detention center in the northern city of Lille on Saturday, officials said. He then burst his way to freedom, detonating explosives to destroy five doors, penitentiary union spokesman Etienne Dobrometz told CNN affiliate BFMTV.

Where he is now is anyone's guess. French Justice Minister Christiane Taubira told reporters on Saturday that a European arrest warrant covering 26 countries has been issued, and that Interpol is working to track him down as well.

One person not surprised by Faid's breakout is his lawyer, Jean-Louis Pelletier. In a few days, Pelletier had planned to meet his client in preparation of an upcoming trial tied to a May 2010 attack in Villiers-sur-Marne, east of Paris, that left a 26-year-old policewoman dead.

"He is remarkably intelligent, and he is using his intellect to serve his ambitions," Pelletier told BFMTV. "(And Faid) cannot stand being imprisoned anymore."

Questions raised about prison's security

In his 2010 autobiography, "Robber: From Suburbs to Organized Crime," Faid chronicled his progression from a petty thief to one of France's most notorious criminals, according to the book's publisher, La Manufacture De Livres.

In 1998, after three years on the run during which he fled to Switzerland, Faid was finally caught. Sentenced to 20 years, he ended up spending more than 10 years in high-security prisons around France.

After getting out, Faid put himself out there -- not only with his book, but as the subject of numerous interviews.

The high-adrenaline life of crime he described resembled that of another famous French gangster, Jacques Mesrine. The country's most wanted man in the 1970s, Mesrine made his name as a charismatic, press-courting criminal known for his daring bank heists and spectacular prison breaks.

Mesrine's story ended in 1979, when he was gunned down by police on the streets of Paris.

Faid's prison escape Saturday evokes some of that brand of criminal bravado. But it also raises a number of questions: How did an inmate gets guns and explosives? How did he manage to use those to force his way out? And, after all that, why is he still at large?

The four guards who Faid allegedly held hostage "are safe and sound," said Lille prosecutor Frederic Fevre.

Still, officials from the prison guards' union pressed Taubira to provide better safety measures inside prisons, including more thorough searches of those who enter, BFMTV reported.

Built in 2005, the Lille-Sequedin penitentiary from which Faid escaped is not old, but it's not well designed to keep watch of prisoners, said Jimmy Delliste, a former associate director there.

"The construction ... makes it particularly difficult to manage detainees, who are particularly difficult to watch," Delliste told BFMTV.

Le Parisien - 13 avril 2013 : Evasion de Redoine Faïd : Taubira cible des syndicats et de l'opposition

Source : Le Parisien
C.M. | Publié le 13.04.2013, 20h53 | Mise à jour : 23h14


Face à la spectaculaire évasion, ce samedi matin, du braqueur Redoine Faïd de la maison d'arrêt de Sequedin (Nord), Christiane Taubira, s'est rendue sur place. La ministre de la justice, arrivée peu après 17 heures, a rencontré le personnel de la prison avant de tenir un point-presse où elle a réfuté toute «faille» de la part des surveillants.

Néanmoins, les critiques n'ont pas tardé à fuser, émanant des syndicats de l'administration pénitentiaire ainsi que de l'UMP.

Pour Christiane Taubira, «on ne peut pas dire qu'il y a une faille»


La garde des Sceaux, qui s'adressait au personnel de la prison dont quatre ont été pris en otage puis libérés par le détenu, a déclaré : «Il y a une réalité. Les prisons, ce sont des établissements où il faut encadrer des détenus qui, évidemment pour la plupart, passent l'essentiel de leur temps à essayer d'entrer en contact avec l'extérieur, de contourner les règlements, d'enfreindre les règles».

Commentant l'évasion de Redoine Faïd, la ministre a ajouté: «L'administration étant confrontée à ça, les surveillants et les personnels sont confrontés à ça tous les jours, on ne peut pas dire qu'il y a une faille parce que si on dit qu'il y a une faille, on dit que c'est la faute de qui, la faille?». Et de conclure : «On lutte contre cela avec tous les moyens légaux, parce que nous sommes dans un Etat de droit, qu'il y a des règles, qu'il y a des contraintes, des conditions dans lesquelles on peut procéder à la surveillance et au contrôle de certaines pratiques».

Un «acte de guerre» selon les syndicats


Pas de quoi calmer la colère des syndicats de surveillants de prison qui avaient qualifié d'«acte de guerre» la spectaculaire évasion à l'explosif du braqueur Redoine Faïd. « Aujourd'hui, les lieux de détention deviennent des endroits où l'on risque nos vies tous les jours. C'est inadmissible», a dit devant la prison Nicolas Caron, secrétaire national FO. Le syndicaliste réclame la mise en place de scanners corporels pour permettre la détection d'objets métalliques. «Supprimer les fouilles corporelles à l'issue des parloirs, c'est inadmissible», a ajouté M. Caron qui a appelé le directeur de l'administration pénitentiaire et la ministre de la Justice à «prendre leur responsabilités» et «à démissionner dès aujourd'hui». FO réclame aussi l'ouverture d'états généraux sur le métier de surveillant pénitentiaire.

Pas de fouille générale dans cette prison depuis son ouverture, en 2005


«La prison de Sequedin a été ouverte en 2005, elle n'a jamais fait l'objet d'une fouille générale ou même sectorielle, ce qu'on a dénoncé à maintes reprise à chaque fois qu'il y a eu des mouvements sociaux», a déclaré Etienne Dobremetz, représentant Ufap/Unsa Justice pour la région Nord/Pas-de-Calais. Etienne Dobremetz a souligné que les surveillants trouvaient régulièrement de la drogue, des téléphones portables ou encore des armes blanches à la maison d'arrêt.

«On redoutait la possibilité qu'il y ait des armes à feu voire des explosifs à l'intérieur de l'établissement. Malheureusement cela fait huit ans que la prison est ouverte, on n'a jamais été entendus», a ajouté M. Dobremetz. Il a annoncé une réaction des personnels pénitentiaires dans les jours à venir. La CGT rappelle que, à l'unisson avec les autres organisations syndicales, elle réclame de longue date une fouille générale de l'établissement.

FO Moulin dénonce une politique «de victimisation des crapules»


Pour le syndicat FO-direction, qui dénonce dans un communiqué la politique pénitentiaire de la garde des Sceaux, cette évasion en rappelle une autre. Il s'agit de l'évasion de février 2009 à la maison centrale de Moulins-Yzeure (Allier), jugée actuellement devant les assises du Rhône. Elle avait été «préparée par la voie des parloirs», et «l'utilisation d'explosifs et la détermination criminelle de l'évadé ne sont pas sans rappeler les procédés utilisés» lance le syndicat.

De la même façon, FO-surveillants de la prison de Moulins accuse la ministre de «victimiser» les détenus. «Rien n'a été fait depuis le drame de Moulins. Au contraire, c'est encore pire. Il fallait s'attendre à ce que ces méthodes de barbares puissent revoir le jour. Tant que nos revendications n'auront pas abouti, ça va continuer», affirme-t-il. Et de dénoncer «cette administration qui préfère baisser son pantalon devant les voyous, soi-disant pour favoriser la réinsertion, au lieu de donner les moyens aux personnels de rétablir l'ordre dans des centres de détention exsangues et où la loi du plus fort est constante». Et de conclure son communiqué : «Mme Taubira, votre politique de paix sociale et de victimisation des crapules, vous venez de la prendre en pleine figure».

Ciotti et Estrosi demandent à Taubira des explications


Les députés UMP des Alpes-Maritimes, Christian Estrosi et Eric Ciotti, ont demandé samedi des explications à la ministre de la Justice Christiane Taubira. «Je ne comprends pas comment un dangereux malfaiteur condamné à de lourdes peines, mis en cause dans une fusillade qui a coûté la vie à une jeune policière municipale, a pu se procurer des explosifs afin de s'échapper d'une maison d'arrêt pourtant récente et destinée à accueillir des prisonniers jugés dangereux», écrit Christian Estrosi dans un communiqué.

Christian Estrosi demande à la ministre de «faire toute la lumière sur ce qui a pu conduire à cette situation inacceptable, notamment les raisons pour lesquelles il n'y a jamais eu de fouilles générales de cet établissement alors même qu'il y avait déjà eu des difficultés relayées à plusieurs reprises par les organisations syndicales».

De son côté, le député Eric Ciotti a estimé sur Twitter que Christiane Taubira devait «s'expliquer sur l'absence de fouilles au parloir».

Le secrétaire général de FO Direction s'exprime le 13/12/2012 dans la Presse

Jimmy DELLISTE, secrétaire général FO Direction Le 13 décembre 2012, Jimmy DELLISTE, Secrétaire général de FO Direction,
s'est exprimé dans la presse "Le Progrès" sur les conditions de détention
.

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Le nouvel observateur du 27 novembre 2012 : Les directeurs de prison dénoncent la surpopulation carcérale

PARIS (Sipa) -- Le Syndicat national des directeurs pénitentiaires (SNDP) s'alarme mercredi de la surpopulation carcérale (67.225 au 1er novembre) et entend interpeller le ministre de la Justice le 27 novembre lors des journées parlementaires des prisons.

Le SNDP souhaite interpeller la garde des Sceaux et l'opinion publique et refuse de servir "de bouc émissaire" comme "en 2011 lors du drame de Pornic".

"Les directeurs pénitentiaires sont en colère et inquiets car malgré les instructions de la ministre de la Justice, la surpopulation carcérale ne cesse d'augmenter", dénonce le SNDP dans un communiqué diffusé mercredi, relevant que "la sécurité des personnes détenues et des personnels ne peut plus être correctement assurée dans nombre d'établissements pénitentiaires".

Par ailleurs, ce syndicat constate qu'il leur est impossible, dans ces conditions, "d'assurer la mission de prévention de la récidive que l'article 2 de la loi pénitentiaire de 2009 (leur) confie".

Un rassemblement des directeurs pénitentiaires doit avoir lieu mardi à 15h à l'appel du SNDP et du syndicat FO-Direction.

 

Source : Nouvel Observateur

20 minutes du 28 novembre 2012 : Les directeurs de prison sont en colère

Ils n'ont pas le droit de grève et sont soumis à un devoir de réserve. Mais les directeurs d'établissement pénitentiaire ont profité, mardi, des rencontres parlementaires sur les prisons pour exprimer leur ras-le-bol. A l'appel d'une intersyndicale (FO-SNDP), une cinquantaine d'entre eux se sont rassemblés dans le hall de la Maison de la chimie à Paris, où se tenaient les rencontres, pour dénoncer leurs conditions de travail. « Droite ou gauche, quelle que soit la couleur gouvernementale, le dialogue social est en berne », déplore ainsi Jean-François Louaver, secrétaire de FO-Direction pénitentiaire. Christiane Taubira a publié en septembre une circulaire afin de faire baisser la surpopulation carcérale. « Mais on attend toujours les actes », poursuit Antoine Danel, secrétaire du SNDP. Au 1er novembre, la France comptait 67 225 détenus pour 56 933 places (118 %). Il lui reste deux ans pour se mettre en règle avec l'objectif d'encellulement individuel promis au Parlement

 

Source : 20 Minutes

Dépêche AFP du 27 novembre 2012 : Les directeurs de prison disent leur "malaise"

Les directeurs de prison disent leur « malaise »

PARIS, 27 nov 2012 (AFP) – Une soixantaine de directeurs de prison se sont rassemblés pour dire leur « malaise », mardi à Paris lors des 7e rencontres parlementaires sur la prison, à la Maison de la Chimie.

Les participants, qui avaient répondu à l’appel du Syndicat National des Directeurs Pénitentiaires (SNDP) et de FO Direction, ont été autorisés à prendre la parole à la tribune.

« La déception, la démobilisation, le malaise s’étendent », ont-ils dit dans un texte lu par Jean-Michel Dejenne, premier secrétaire du SNDP. Soulignant que la surpopulation carcérale « atteint un niveau historique », ils ont estimé que la circulaire de politique pénale diffusée en septembre par la garde des Sceaux Christiane Taubira « n’est manifestement pas appliquée ».

Mme Taubira y faisait plusieurs recommandations aux parquets pour rompre avec le « tout-carcéral », conseillant notamment de développer les aménagements de peine.

« La situation n’a pas évolué depuis la circulaire », a indiqué à l’AFP Antoine Danel, secrétaire national du SNDP, jugeant son impact « nul ».

« Que ferez-vous au matin du 25 novembre 2014, date butoir pour la mise en oeuvre de la règle de l’encellulement individuel pour tous? Solliciter du Parlement un nouveau moratoire de 5 ans? », ont demandé dans leur texte les directeurs.

Mme Taubira était absente, étant à Quito (Equateur) pour une réunion des ministres de la Justice des Amériques.

Le directeur-adjoint de son cabinet, Jean-François Beynel, avait dans la matinée fait état "d’un frémissement » depuis la circulaire. « Ce que nous sentons depuis un mois, c’est d’abord la fin de l’augmentation, et sur certains sites un début de diminution du nombre des entrées », avait-il assuré.

Les directeurs de prisons ont également protesté contre la « modification des critères d’attribution des logements de fonction ».

Le directeur de l’AP, Henri Masse, a assuré qu’ils seraient reçus par le cabinet de Mme Taubira « dans les jours qui viennent ».

Il a rappelé qu’un décret en mai avait demandé « à chaque ministère » de vérifier l’attribution des logements de fonction. Il a reconnu que « les premiers arbitrages » avaient été jugés décevants par les directeurs de prisons, qui sont environ « 550″ en France, mais assuré que la situation avait évolué depuis.

« Il y avait antérieurement 350 directeurs qui étaient logés par l’AP », et « ce sont demain en réalité plus de 400 logements qui vont les remplacer », a-t-il dit.

En signe de protestation devant cette réponse jugée « réductrice » par rapport à la gamme de problèmes soulevés, les directeurs sont sortis en silence, sans écouter la fin de l’intervention de M. Masse.

Les officiers du personnel de surveillance (plus de 1.000 en France), ont de leur côté prévu un rassemblement devant le ministère de la Justice le 12 décembre, selon FO-Pénitentiaire.

 

Site : AFP

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