Bien Public - 1/11/12

Le mécontentement monte chez les directeurs des services pénitentiaires. Le directeur de la maison d’arrêt de Dijon participe au mouvement.


«Je soutiens l’actuel mouvement social de mon corps de métier, les directeurs des services pénitentiaires, motivé par l’inquiétude sur la situation des établissements, le non-respect des engagements sur notre évolution statutaire et le projet de retrait sans compensation des logements de fonction. Je demeure à mon poste de travail et répondrai dés que possible à votre message. » Cette réponse automatique vient de la boite mail de Jean-Philippe Champion, directeur de la Maison d’arrêt de Dijon. Mais elle est commune à tous les directeurs engagés dans le mouvement initié depuis une semaine par le syndicat FO-Direction (majoritaire à 60 % chez les directeurs des services pénitentiaires).

Il dénonce en effet « des conditions de travail des directeurs des services pénitentiaires qui ne font que se dégrader » et assène un rude constat : « Confrontés à des conditions de détention de plus en plus explosives, des mises en cause individuelles de plus en plus fréquentes, des sujétions de plus en plus lourdes avec des moyens de plus en plus limités, des dizaines de directeurs des services pénitentiaires ont fait le choix de s’évader de ces prisons : ils ont tout simplement décidé de changer de métier. »
Un taux d’occupation de plus de 130 %

Le syndicat estime également le taux d’occupation des maisons d’arrêt à 130, 96 %. Un taux qu’il juge « intolérable et inacceptable en terme de prévention de la récidive, et d’insertion des personnes détenues. » Jean-François Louaver, responsable presse du syndicat parle également de « circulaires complètement déconnectées de la réalité et de nombreux effets d’annonce restés sans résultats. Par exemple, on nous a demandé d’abandonner les fouilles pour travailler avec des portiques plus modernes. Mais aujourd’hui, les portiques ne sont toujours pas là et le nouveau gouvernement se rend compte qu’il n’a pas les fonds nécessaires pour les acheter ». Reste que sans droit de grève, les directeurs des services pénitentiaires doivent se « contenter » de diffuser leurs revendications sur internet et d’obtenir des entretiens avec leurs autorité et ministère de tutelle. Sans résultat probant pour le moment.

 

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