Revue de presse

Article Europe 1 du 28/05/13 : Directeurs de prison : "un ras-le-bol profond"

Source : Europe1 - Journaliste : CB et Chloé Triomphe

 

Les directeurs de prison se rassemblement mardi place Vendôme pour exprimer leur "malaise".

C'est une manifestation plutôt rare. Des directeurs de prison se retrouvent mardi, à 12h30, place Vendôme, non loin du ministère de la Justice, pour exprimer le "malaise profond" au sein de leur profession.

"Le sentiment de ne pas être pris au sérieux". A l'appel du syndicat national pénitentiaire Force Ouvrière, les directeurs des services pénitentiaires entendent en effet exprimer leur colère concernant les conditions de travail de plus en plus dégradées qui leur sont imposées. "Les directeurs de prison ont peu l'occasion de se rassembler de cette façon là, place Vendôme. C'est un petit peu un ras le bol qui se fait jour, parce qu'on a vraiment le sentiment aujourd'hui de ne pas être entendus, peut-être même de ne pas être pris au sérieux", constate Jimmy Delliste, secrétaire général du syndicat national pénitentiaire FO direction, interrogé par Europe 1.

"Manque de considération politique". Le syndicaliste dénonce notamment le manque de reconnaissance, de la part à la fois des citoyens, mais aussi des politiques. "Je pense que le citoyen lambda n'a pas forcément une réelle conception de ce qu'il se passe dans les établissements français et je pense que l'on souffre un peu de ça. Et le manque de considération politique qui est parfois donné à l'endroit des directeurs d'établissement pénitentiaire est aussi le reflet de ça. On a un peu l'impression qu'il faut cacher les établissements pénitentiaires, qu'il faut cacher ces prisons. On n'a pas le sentiment qu'un Etat de droit, comme est la France, ne puisse se passer des établissements pénitentiaires", commente-t-il au micro d'Europe 1.

"Nous donner les moyens". Le secrétaire général du syndicat national pénitentiaire FO direction dénonce également le manque de moyens accordés aux administrations pénitentiaires. Le budget de fonctionnement est en baisse d'un quart sur l'année 2012, selon le syndicat. "Encore faut-il leur donner les moyens de fonctionner. On est les premiers à demander à ce que les conditions de détention soient les plus dignes possibles. Il suffit simplement de nous donner les moyens pour cela. Qu'on travaille sur la prévention de la récidive, mais qu'on puisse aussi déployer à minima des moyens et des procédures de sécurité qui soient adaptées à nos difficultés", réclame Jimmy Delliste.

Selon le syndicat FO, ce manque de moyen pour améliorer les conditions d'incarcération engendre des tensions toujours plus vives en détention et ne résout rien au problème de surpopulation constante. Au mois de mai, les chiffres ont en effet atteint un record de taux de surpopulation carcérale à 118% en 2013.

Article Le Parisien du 28/05/13 : Prisons : les directeurs manifestent devant le ministère de la Justice

Source : Le Parisien

Un mouvement très rare. Une trentaine de directeurs de prison et de services pénitentiaires ont manifesté ce mardi, place Vendôme (Paris Ier), près du ministère de la Justice. Ils dénoncent leurs conditions de travail et la surpopulation des prisons françaises, qui a battu un nouveau record avec 67 839 détenus début mai.

Les directeurs d'établissements manifestent peu car ils sont soumis au droit de réserve. Mais «les conditions de gestion de nos établissements deviennent de plus en plus compliquées» s'est alarmé Jimmy Delliste, secrétaire général du syndicat FO-Direction, à l'initiative de cette manifestation. Le taux d'occupation des prisons atteignait en effet 118,5% de leur «capacité opérationnelle» au 1er mai.

«C'est un petit peu un ras le bol qui se fait jour, parce qu'on a vraiment le sentiment aujourd'hui de ne pas être entendus, peut-être même de ne pas être pris au sérieux», s'est ainsi exprimé le syndicaliste au micro d'Europe1. Un avis partagé par d'autres chefs de prisons qui déplorent un «manque de reconnaissance», selon André Fostier, directeur de la maison d'arrêt de Villefranche-sur-Saône (Rhône), voire de «solitude», selon Valérie Mousseff, adjointe du centre pénitentiaire du Pontet (Vaucluse).

Des prisons condamnées pour fouilles


Les griefs portent aussi bien sur la difficulté de gérer des prisons surpeuplées que sur les fouilles des détenus, notamment. La circulaire diffusée en septembre dernier par la ministre de la Justice, Christiane Taubira, qui demande de favoriser les aménagements de peine et les voies alternatives à la prison, n'ont pas suffi à renverser la tendance. Cela n'a «pas porté ses fruits» regrette Jimmy Delliste.  

De plus «nous n'avons aucune directive de notre ministère concernant la pratique des fouilles à nue systématiques que la loi pénitentiaire de 2009 a voulu supprimer sans nous donner les moyens de compenser cette mesure de sécurité», explique Valérie Mousseff. Selon elle, les directeurs doivent «se dépatouiller avec cette question des fouilles» sans qu'un cap leur soit fixé par l'exécutif. Plusieurs établissements ont ainsi été condamnés par la justice administrative au cours des derniers mois pour avoir continué à pratiquer ces fouilles, à la sortie des parloirs notamment.

Enfin, les syndicats et directeurs dénoncent également le «manque de moyens». Selon FO, le budget de fonctionnement est en baisse d'un quart sur l'année 2012. «On est les premiers à demander à ce que les conditions de détention soient les plus dignes possibles. Qu'on travaille sur la prévention de la récidive, mais qu'on puisse aussi déployer a minima des moyens et des procédures de sécurité qui soient adaptés à nos difficultés» demande le syndicat.

Article Le Monde du 15/04/13 : Christiane Taubira assure qu'il n'y a pas eu de "faille" à l'origine de l'évasion du braqueur Redoine Faïd

Christiane Taubira assure qu'il n'y a pas eu de "faille" à l'origine de l'évasion du braqueur Redoine Faïd
LE MONDE | 15.04.2013 à 13h25 • Mis à jour le 15.04.2013 à 14h11

Christiane Taubira a écarté toute faille dans le système de détection de la prison de Lille-Sequedin, samedi 13 avril, après la spectaculaire évasion de Redoine Faïd. "On ne peut pas dire qu'il y a une faille, parce que si on le dit, c'est de la faute de qui ?, a déclaré la ministre de la justice alors que plusieurs membres de l'opposition réclamaient sa démission. C'est une vraie difficulté, il y a des choses qui entrent dans les établissements, on lutte contre cela avec tous les moyens légaux parce que nous sommes dans un Etat de droit, il y a des règles, il y a des conditions dans lesquelles on peut procéder à la surveillance et aux contrôles."

Redoine Faïd, un détenu particulièrement signalé (DPS), était cependant "en détention commune, dans un bâtiment qui ne présente pas en termes de sécurité des mesures supplémentaires, a expliqué Etienne Dobremetz, le représentant régional de l'UFAP-UNSA Justice. Il faut qu'on nous donne les moyens une bonne fois pour toutes de gérer ce genre d'individu". De la drogue, des portables et des armes blanches sont régulièrement trouvés par les surveillants. La CGT pénitentiaire a rappelé que les syndicats avaient réclamé à plusieurs reprises une fouille généralisée, qui n'a jamais eu lieu depuis l'ouverture de l'établissement, le 4 avril 2005. "Quand une prison est défaillante, ce sont les personnels pénitentiaires qui sont mis en danger", a protesté Nicolas Caron, le délégué régional FO-pénitentiaire. "L'événement que nous venons de vivre est tellement grave qu'il est logique que les représentants syndicaux soient inquiets, a convenu Christiane Taubira, et même qu'ils soient furieux."
La ministre a reconnu qu'un drame avait été évité de justesse. Samedi vers 8 h 30, Redoine Faïd, un braqueur de 40 ans, devait rencontrer son frère au parloir, mais dès qu'on est venu le chercher, il a sorti une arme de poing, pris en otage quatre surveillants et fait sauter à l'explosif les cinq portes de l'établissement, avant de prendre la fuite dans la voiture d'un complice. Les otages, sains et saufs, ont été vite relâchés, la voiture retrouvée brûlée, un mandat d'arrêt européen a été diffusé, compte tenu de la proximité de la prison avec la Belgique.

"CHRONIQUE D'UN DRAME ANNONCÉ"


Pour le Syndicat national pénitentiaire FO-direction, l'évasion de Lille-Sequedin, même si c'est la première, est "la chronique d'un drame annoncé". Les directeurs rappellent qu'ils réclamaient "il y a moins d'un mois" au renforcement "du bureau EMS 3 en charge du renseignement pénitentiaire". Ce service très discret, créé il y a dix ans, a pour objectif "le suivi des profils des détenus les plus lourds". FO-direction souhaite lui accorder plus de moyens et qu'il soit présent dans tous les établissements.

Le syndicat des directeurs insiste aussi sur "l'impérieuse nécessité de disposer des moyens humains et techniques renforcés". Il s'agit d'abord du problème des fouilles. Les fouilles des détenus sont autorisées, mais pas les fouilles systématiques, avant et après chaque parloir, qui sont théoriquement proscrites depuis la loi pénitentiaire de 2009. Les juges administratifs - et le Conseil d'Etat - ont estimé que ces fouilles corporelles systématiques étaient assimilables à des traitements inhumains et dégradants. Un détenu qui avait ainsi trois parloirs dans une journée était fouillé six fois, à nu, et parfois devant plusieurs personnes.


L'administration pénitentiaire entend remplacer ces fouilles par des portiques de détection. Deux d'entre eux seulement ont été installés en détention, et le dispositif coûte cher. Les parloirs ne sont d'ailleurs pas le seul moyen de faire entrer des objets en prison, d'autant que c'est le plus surveillé. "Il y a un certain nombre d'éléments que nous devons garder relativement discrets", a indiqué Alain Jégo, le directeur interrégional de Lille des services pénitentiaires.

Redoine Faïd avait minutieusement préparé son évasion, il a nécessairement bénéficié de complicité à l'extérieur de l'établissement. L'enquête devra déterminer s'il avait aussi des complicités à l'intérieur.

Article Le Figaro du 28/05/13 : Le "moins de prison" de Christiane Taubira a eu un effet sur certains délinquants

Source : Figaro - Journaliste Angélique Négroni

 

Jimmy DELLISTE

Jimmy DELLISTE en décembre 2011, lors de son installation à la maison d'arrêt de Saint-Etienne. Crédits photo : YVES SALVAT/PHOTOPQR/LE PROGRES

 

Jimmy Delliste, responsable de la maison d'arrêt de Saint-Étienne (Loire) et secrétaire général du SNP-FO-Direction, s'inquiète de cette surpopulation à l'origine de violences dans les établissements.

LE FIGARO. - Pourquoi bat-on aujourd'hui un record de surpopulation?


Jimmy DELLISTE. - La circulaire de la ministre, datant de septembre dernier, n'a pas été suivie d'effets dans les juridictions. Pourtant, la ministre avait donné des consignes claires pour que les magistrats tiennent compte de l'encombrement des prisons, avant de prendre une décision. Elle avait, par ailleurs, indiqué qu'il fallait privilégier des peines alternatives à la prison. Or, on s'aperçoit que les établissements pénitentiaires sont saturés. On compte aujourd'hui 57.000 places contre 68.000 détenus.

Quels sont les établissements concernés par cette surpopulation?

Il s'agit, pour la plupart, de maisons d'arrêt, accueillant des personnes condamnées à des courtes peines et qui, faute de places, ne peuvent rejoindre des centres de détention pour purger leur peine.

Pourquoi, selon vous, cette circulaire n'est-elle pas appliquée?

Tout simplement parce que chaque magistrat est indépendant. Il rend la loi avec un Code pénal et non avec une circulaire de politique pénale. Par ailleurs, les juges d'application des peines sont débordés et n'ont pas le temps d'examiner tous les dossiers qui leur sont soumis. Si bien qu'une personne condamnée à quatre mois de prison exécutera sa peine, avant même que le magistrat ait pu se pencher sur sa situation.

La surpopulation est-elle liée à l'augmentation de la délinquance?

La violence est montée d'un cran dans notre société et les magistrats y répondent en prononçant des peines de prison plus longues. Avec l'arrivée du nouveau gouvernement, il y a eu aussi un changement. Le «moins de prison» voulu et répété par la ministre de la Justice a eu un effet sur certains délinquants. Ils sont passés à l'acte en se disant que, l'ère «Sarkozy» étant révolue, ils ne risquaient plus rien.

Faudrait-il créer plus de places de prison?

Si on regarde les chiffres, il faudrait créer 11.000 places supplémentaires. Or le nouveau gouvernement s'est, là encore, démarqué du précédent. Sous l'ère Sarkozy, un programme de quelque 20.000 places avait été décidé. Christiane Taubira n'envisage plus que la création de 6 000 places supplémentaires. Or, la France va devoir se préoccuper des conditions d'accueil dans ses prisons. Elle a obtenu un moratoire jusqu'en novembre 2014, auprès des autorités européennes, pour offrir une cellule par détenu. Passée cette date et si elle ne respecte pas cette obligation, elle s'exposera à des poursuites et des sanctions. Des prisonniers et des associations ne manqueront pas de dénoncer les faits devant la justice européenne.

La surpopulation aggrave-t-elle la situation dans les prisons?

Elle est à l'origine de tensions et de violences accrues dans les établissements. Or pour assurer la sécurité, nos moyens sont déjà insuffisants. Les fouilles systématiques des détenus quand ils quittent le parloir sont interdites. Or on sait que le trafic s'organise notamment par ces contacts avec l'extérieur. Nous n'avons pas de réponse de la part de la Chancellerie qui connaît pourtant nos inquiétudes dans ce domaine.

CNN - 14 avril 2013 - Manhunt for French gangster who used gun, explosives to escape prison

By Pierre Meilhan and Greg Botelho, CNN
April 14, 2013 -- Updated 0238 GMT (1038 HKT)

Source: CNN


(CNN) -- Redoine Faid fashioned himself as a modern-day gangster. He thought big -- getting inspiration from the movies, as when he wore a hockey mask like Robert DeNiro's character in "Heat" -- and acted audaciously, attacking armored trucks among other targets.

After more than a decade in prison, though, the Frenchman insisted he'd sworn off his wicked ways.

This promise didn't last for long, according to French authorities. In 2011, a year after his autobiography came out, Faid landed back behind bars.

Now, he is once again free -- and, once again, the subject of an international manhunt after his brazen escape from prison.

Faid held five people, including four guards, at gunpoint at a detention center in the northern city of Lille on Saturday, officials said. He then burst his way to freedom, detonating explosives to destroy five doors, penitentiary union spokesman Etienne Dobrometz told CNN affiliate BFMTV.

Where he is now is anyone's guess. French Justice Minister Christiane Taubira told reporters on Saturday that a European arrest warrant covering 26 countries has been issued, and that Interpol is working to track him down as well.

One person not surprised by Faid's breakout is his lawyer, Jean-Louis Pelletier. In a few days, Pelletier had planned to meet his client in preparation of an upcoming trial tied to a May 2010 attack in Villiers-sur-Marne, east of Paris, that left a 26-year-old policewoman dead.

"He is remarkably intelligent, and he is using his intellect to serve his ambitions," Pelletier told BFMTV. "(And Faid) cannot stand being imprisoned anymore."

Questions raised about prison's security

In his 2010 autobiography, "Robber: From Suburbs to Organized Crime," Faid chronicled his progression from a petty thief to one of France's most notorious criminals, according to the book's publisher, La Manufacture De Livres.

In 1998, after three years on the run during which he fled to Switzerland, Faid was finally caught. Sentenced to 20 years, he ended up spending more than 10 years in high-security prisons around France.

After getting out, Faid put himself out there -- not only with his book, but as the subject of numerous interviews.

The high-adrenaline life of crime he described resembled that of another famous French gangster, Jacques Mesrine. The country's most wanted man in the 1970s, Mesrine made his name as a charismatic, press-courting criminal known for his daring bank heists and spectacular prison breaks.

Mesrine's story ended in 1979, when he was gunned down by police on the streets of Paris.

Faid's prison escape Saturday evokes some of that brand of criminal bravado. But it also raises a number of questions: How did an inmate gets guns and explosives? How did he manage to use those to force his way out? And, after all that, why is he still at large?

The four guards who Faid allegedly held hostage "are safe and sound," said Lille prosecutor Frederic Fevre.

Still, officials from the prison guards' union pressed Taubira to provide better safety measures inside prisons, including more thorough searches of those who enter, BFMTV reported.

Built in 2005, the Lille-Sequedin penitentiary from which Faid escaped is not old, but it's not well designed to keep watch of prisoners, said Jimmy Delliste, a former associate director there.

"The construction ... makes it particularly difficult to manage detainees, who are particularly difficult to watch," Delliste told BFMTV.

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