Message du Secrétaire Général, Jimmy DELLISTE

Chers collègues,

Le 8ème congrès de FO-Direction réuni du 24 au 28 septembre 2012 à Pornichet tourne sans conteste une page importante du syndicat majoritaire des directrices et des directeurs de services pénitentiaires.

Après pratiquement 30 ans de fidélité et de loyauté sans égales de Michel BEUZON à la tête de FO-Direction, le Bureau National qui vient d'être désigné a fait le choix du renouvellement et de la transition.

Renouvellement par l'intégration au sein du BN de jeunes directrices et directeurs qui ont fait une priorité de leur engagement participatif et décidé de contribuer de plain pied à l'avenir et à l'évolution de leur métier.

Transition au travers d’un repositionnement des acteurs d'expérience du syndicat, à la faveur d'une volonté non dissimulée de constituer le reflet le plus proche possible de l'image démographique de notre corps.

C'est dans cet état d'esprit dynamique que j'ai décidé de reprendre le flambeau de FO-Direction au poste de secrétaire général.

Il s'agit pour moi d'un très grand honneur et d'une manifestation de reconnaissance que je tâcherai, sans aucune hésitation, de me mettre au service de l'ensemble des DSP.

A travers ce passage de témoin, FO-Direction a fait une nouvelle fois la preuve de son ouverture vers les jeunes générations et atteste d'une volonté d'engagement de tous les instants.


Une fois encore, la Prison est au centre des préoccupations. Ce n'est malheureusement pas les derniers propos de notre Ministre qui vient de déclarer que la « Prison n'avait aucun sens » qui vont nous rassurer.

Que de tergiversations. Que de pas de danses aux rythmes variés a-t-on voulu nous imposer pour aujourd'hui, se voir dire que notre mission n'a pas de sens !

Alors que s'ouvre la conférence de consensus, la prévention de la récidive apparaît comme un objectif au sein duquel les directrices et les directeurs des services pénitentiaires prendront toute leur part.

Au travers de la motion du 8ème Congrès FO-Direction, les DSP réaffirment sans détour leur attachement aux valeurs Républicaine et Régalienne qui sont les leurs au service d'une Justice moderne et renforcée.

Je vous invite à prendre connaissance des travaux et orientations du congrès dans la communication qui vous sera faite cette semaine.

Ces travaux qui portent sur le métier de DSP, la politique pénitentiaire et le pacte d'action sociale au profit des directeurs, constituent une somme évidente de nos attentes en la matière et ne devraient pas laisser indifférent.

Depuis 2007, le corps des DSP a été malmené, parfois pris pour cible, il a souvent été ignoré pire, il a été dévalorisé. Les directrices et les directeurs des services pénitentiaires sont trop souvent considérés comme le fusible idéal, tout juste bon à cautionner les dysfonctionnements découlant d'une politique de justice parfois aussi approximative qu'expérimentale. Ce constat est inacceptable et contribue à la dégradation de nos conditions de travail.

Si l'apogée de cette politique de déconsidération a été observée avec la malheureuse affaire Pornic, qu'en est-il aujourd'hui de la mobilisation spontanée constatée à cette époque ? Qu'avons nous réglé ? Sommes-nous mieux ou moins bien considérés qu'avant Pornic ? N'est-ce pas une question à se poser ?

Mais enfin. N'y a-t-il pas là un véritable malaise ? S'il nous semblait légitime de nous hisser au niveau de nos homologues de la police, les commissaires, nous avons aujourd'hui le sentiment d'être contraints dans un costume bien trop petit pour nous. Dépassés par les uns, mais aussi et surtout rattrapés par les autres.

«Attachés, DIP, DSP ! Mais quelles différences ?» disent nos détracteurs. Tout ça c'est de la catégorie A. Tout ça c'est pareil. Je n'ai pourtant pas le sentiment que nos contraintes diminuent, ni que ce soient les mêmes métiers ni les mêmes responsabilités.

C'est dans cet esprit et ce contexte, convaincus que nous devons être solidaires et soudés pour conduire les différents chantiers qui nous concernent, qu'il nous faudra être les plus entreprenants.

Le Statut de 2007 n'avait de sens que dans le cadre d'une transition devant, comme convenu, conduire le corps au  niveau A +.

Or, aujourd'hui, la confusion la plus totale règne dans la politique de gestion des ressources humaines pénitentiaires : Attachés nommés autoritairement sur des postes de DSP une veille de C.A.P, candidatures de collègues écartées au profit de candidatures en provenance d'autres administrations.

L'effet d'entonnoir est bel et bien là. Les évolutions professionnelles sont marginales tant les contraintes de la mobilité sont dévastatrices. Et que dire de l'absence d'attractivité de notre métier. Les jeunes DSP ne se voient plus forcément diriger à terme un établissement. Nombreux d'entre eux passent, regardent et s'en vont voir ailleurs ...

Que dire encore des collègues qui sont restés sur le bord de la route depuis 2007 par un déclassement de fait ? Je veux, bien entendu, parler des Directeurs de 1ère classe dont nombre d'entre eux se sentent bloqués en classe normale.

Que dire des déconvenues déjà rencontrées par certains de nos collègues en matière d'attribution de l'outil de travail qu'est le logement de fonction ?

J'ai tout comme vous je pense, un arrière goût d'inachevé qui a du mal à disparaître.

Mes chers collègues, il nous faut rester soudés, méthodiques et persévérants. L'administration joue de nos divisions. Nous allons la faire mentir.

Je reste persuadé que notre force vient de la diversité des origines des personnes qui constituent ce corps. N'en faisons pas une faiblesse.

L'administration joue de la nouvelle donne pour faire sa propre cuisine. La procédure soit disant expérimentale de recueil des candidatures qui n'a qu'un seul objectif, rendre encore plus opaques les décisions de l'Administration et rendre aveugle les OS en est un exemple de plus. Ce qui est curieux, c'est que ce régime n'est appliqué qu'au seul corps des DSP. Étonnant non ?

 

Au-delà de la doctrine et de la philosophie qui est la nôtre, FO-Direction reste Le Syndicat des directeurs des services pénitentiaires.

C'est avec une grande détermination que j'accompagnerai par le Bureau National dans sa mission de défense et de promotion de vos intérêts.

Vous pourrez compter sur le dévouement et l'entière loyauté de ses membres pour continuer l’ouvrage lancé il y a 30 ans maintenant et qui doit aboutir, en ce 21ème siècle : les directrices et les directeurs des services pénitentiaires doivent être reconnus par l'État à la hauteur de leur engagement pour le service public.

Je suis certain qu'ensemble nous réussirons.


Le Secrétaire Général,
Jimmy DELLISTE


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